Emilie Gomis jugée à Paris pour une publication polémique sur Israël
Cette affaire avait conduit l’ex-basketteuse à quitter son rôle d’ambassadrice des JO de Paris 2024.


L’ancienne basketteuse internationale Emilie Gomis comparaît ce vendredi 6 février devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal judiciaire de Paris. Elle est poursuivie pour avoir republié, sur Instagram, un message controversé concernant Israël, deux jours seulement après les attaques terroristes du Hamas du 7 octobre 2023.
Les faits remontent au 9 octobre 2023. Emilie Gomis avait brièvement relayé une image représentant des cartes de la France en 1947, 1967 et 2023, sur lesquelles le drapeau français était progressivement remplacé par le drapeau israélien, accompagnée de la question : « Que feriez-vous dans cette situation ? ». La publication avait été rapidement supprimée, mais elle avait suscité une vive polémique, notamment en raison de son timing, jugé extrêmement sensible au regard du contexte international et des massacres perpétrés par le Hamas en Israël.
À la suite de cette affaire, Emilie Gomis avait été entendue en audition libre en février 2024 dans le cadre d’une enquête ouverte pour « apologie du terrorisme », après une plainte déposée par le Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA). Le pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris avait alors pris en charge le dossier.
Sous la pression de la controverse, l’ancienne sportive avait quitté, le 10 janvier 2024, son poste d’ambassadrice des Jeux olympiques de Paris 2024 et présenté publiquement ses excuses. Elle avait reconnu une « erreur » et une « maladresse », affirmant n’avoir jamais voulu inciter à la haine. « Le timing de la publication était mauvais », avait-elle déclaré, tout en condamnant fermement les attaques du 7 octobre.
Lors de son audition, Emilie Gomis avait insisté sur son absence d’intention antisémite, regrettant de ne pas avoir adopté une posture de stricte neutralité. Le tribunal devra désormais se prononcer sur la qualification pénale des faits et déterminer si cette publication constitue, ou non, une infraction au regard du droit français.