France : restrictions et couvre-feux à la veille d’une nouvelle mobilisation
Selon le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, 2 700 personnes ont été placées en garde à vue depuis les violences du week-end, dont 217 ont été incarcérées.


Des milliers de personnes ont manifesté jeudi à Paris, malgré les restrictions imposées par les autorités après les émeutes et pillages du week-end des 17 et 18 octobre. Un tribunal administratif avait annulé une première interdiction préfectorale, permettant aux manifestants, principalement des lycéens et des étudiants, de se rassembler sous une forte surveillance policière.
À Paris, le couvre-feu nocturne instauré dans les secteurs de la place de la République et des Halles a été prolongé jusqu’au lundi 26 octobre au matin. Il interdit la présence des mineurs comme des majeurs dans les périmètres concernés entre 23 heures et 6 heures.
Des mesures similaires ont été adoptées dans plusieurs villes, notamment à Lyon, où un couvre-feu a été instauré de 21 heures à 6 heures dans le centre-ville. À Marseille, les restrictions visant initialement les mineurs non accompagnés doivent être étendues aux adultes samedi.
Les interdictions de manifester se multiplient également. À Marseille, Nice et Montpellier, les autorités ont annoncé des restrictions pour samedi. À Paris, un cortège a néanmoins été autorisé entre les places de la Bastille et de la Nation
À l’issue d’une réunion consacrée à la sécurité, jeudi à l’Élysée, Emmanuel Macron a défendu les interdictions destinées, selon lui, à protéger les centres-villes, les commerces et les bâtiments publics. Le président a mis en cause des groupes d’ultragauche et des individus venus commettre des pillages.
Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a annoncé un déploiement policier « massif » pour samedi, alors que la CGT et des militants issus du mouvement des « gilets jaunes » doivent rejoindre la mobilisation.
Selon le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, 2 700 personnes ont été placées en garde à vue depuis les violences du week-end, dont 217 ont été incarcérées.
Cette multiplication des mesures restrictives suscite des inquiétudes concernant les libertés publiques. Les interdictions préfectorales font l’objet de contestations devant la justice administrative, chargée d’en apprécier la légalité et la proportionnalité.