France : l’armée mobilisée en renfort de la police en prévision des manifestations de samedi
Le gouvernement envisage également de durcir les conditions d’encadrement des rassemblements


Après les violences et les pillages du 17 octobre, l’exécutif français prévoit de mobiliser davantage de moyens pour encadrer la prochaine journée de mobilisation, samedi 24 octobre. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a notamment annoncé ce mardi le recours aux militaires de l’opération Sentinelle pour permettre aux policiers et aux gendarmes de se concentrer sur le maintien de l’ordre.
Devant l’Assemblée nationale, Laurent Nuñez a confirmé que les forces armées seraient engagées en renfort. Elles assureront principalement des missions de surveillance et de protection statique, en remplacement de certaines unités de sécurité intérieure. Cette organisation doit libérer des effectifs policiers et des gendarmes pour intervenir directement en cas de débordements.
Le ministre a également reconnu la nécessité d’augmenter le nombre d’agents mobilisés et de diversifier les moyens d’intervention. Il a cité plusieurs unités spécialisées, dont la BRI, le GIGN et le RAID, ainsi que des hélicoptères, des véhicules Centaure et des engins lanceurs d’eau. Ces équipements avaient déjà été engagés le 17 octobre, mais le gouvernement estime que leur utilisation devra être renforcée.
Le gouvernement envisage également de durcir les conditions d’encadrement des rassemblements. Laurent Nuñez a indiqué qu’il étudiait la possibilité d’interdire des manifestations non déclarées lorsqu’elles présentent un risque de troubles à l’ordre public.
Des rassemblements déclarés pourraient eux aussi être interdits si les autorités estiment que les organisateurs ou leur service d’ordre ne sont pas en mesure de prévenir les débordements.
Le ministre souhaite ainsi privilégier une stratégie davantage fondée sur la rapidité d’intervention et la mobilité des forces de l’ordre, afin de mieux répondre aux déplacements de petits groupes susceptibles de commettre des dégradations ou des pillages.
Plus tôt dans la journée, le Premier ministre Sébastien Lecornu avait annoncé la mise en place d’un dispositif policier « massif » pour le 24 octobre. Il avait reconnu les limites de la stratégie appliquée lors de la mobilisation précédente, jugée trop statique et insuffisamment mobile.