France : un manuel scolaire qualifie les victimes du 7 octobre de "colons juifs"
La LICRA dénonce une formulation jugée "confusionniste et négationniste", et interpelle les autorités éducatives sur la responsabilité éditoriale dans l’enseignement du conflit israélo-palestinien.


La LICRA a vivement interpellé ce mardi soir le groupe d'édition Hachette après la découverte d’un passage dans un manuel de spécialité HGGSP (Histoire-Géographie, Géopolitique et Sciences politiques) destiné aux élèves de terminale.
Dans l’ouvrage Objectif Bac, publié par Hachette Éducation, un extrait consacré au conflit israélo-palestinien évoque les attaques du Hamas du 7 octobre 2023 comme ayant causé la mort de « plus de 1 200 colons juifs ». Une formulation que la LICRA qualifie de gravement problématique, estimant qu’elle dénature la réalité du massacre perpétré par le Hamas, en qualifiant indistinctement de « colons » des civils israéliens assassinés, dont beaucoup vivaient à l’intérieur des frontières reconnues d’Israël.
https://x.com/i/web/status/2011124393049801190
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Selon l’organisation, cette présentation introduit une confusion sémantique lourde de conséquences, susceptible de relativiser un crime terroriste majeur et de nourrir une lecture idéologique du conflit. La LICRA dénonce une dérive « confusionniste et négationniste », d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un manuel scolaire destiné à l’enseignement secondaire.
Les pages concernées évoquent également l’attaque du Hamas comme un élément déclencheur quasi mécanique d’une « invasion » de Gaza par Israël, sans contextualiser la nature terroriste de l’offensive ni la cible civile du massacre. Pour la LICRA, cette grille de lecture pose un problème pédagogique et mémoriel majeur.
L’organisation a saisi plusieurs institutions, dont le Ministère de l'Éducation nationale et l’Association des professeurs d’histoire-géographie, estimant qu’un éditeur de référence se doit d’exercer une vigilance accrue sur le vocabulaire employé.
À travers cette prise de position, la LICRA rappelle que les mots utilisés pour décrire des crimes terroristes ne sont jamais neutres, en particulier lorsqu’ils façonnent la compréhension historique des générations futures.