Iran : Elie Chouraqui fustige une indignation culturelle à géométrie variable
Il appelle les artistes français à se mobiliser publiquement pour soutenir les manifestants, avec la même vigueur que pour d’autres causes internationales.


Dans une tribune publiée vendredi dans le JDD, le réalisateur Élie Chouraqui dénonce le « silence insupportable » du monde de la culture face à la répression sanglante menée par le régime iranien contre les manifestants. S’adressant directement aux artistes français, il les exhorte à se mobiliser pour la révolte en Iran avec la même intensité que pour d’autres causes internationales.
Le cinéaste ouvre sa tribune par un témoignage poignant : celui d’un homme ayant fui l’Iran, décrivant des scènes de violence extrême contre des jeunes et des femmes. À travers ce récit, Élie Chouraqui accuse le régime des mollahs de n’avoir « aucune limite dans l’horreur » et reproche aux artistes occidentaux leur absence de réaction publique. Il s’interroge sur cette retenue, alors que, selon lui, ces mêmes milieux se montrent très mobilisés lorsqu’il s’agit de la cause palestinienne.
L’auteur va plus loin, affirmant que le régime iranien est l’un des principaux moteurs de l’instabilité régionale, soutenant des organisations armées et imposant une idéologie islamiste qu’il juge responsable de violences bien au-delà des frontières iraniennes. Il dénonce ce qu’il perçoit comme une indignation sélective et pose une question provocatrice : faut-il, selon lui, être islamiste ou hostile à l’Occident pour susciter la compassion du monde culturel ?
Élie Chouraqui interpelle également les mouvements féministes, appelant à soutenir les femmes iraniennes qui risquent leur vie pour refuser le port du voile et réclamer leurs libertés fondamentales. Il critique sévèrement l’Europe et les dirigeants politiques occidentaux, accusés d’une réaction trop timide.
Concluant sur un appel à l’action, le réalisateur affirme qu’« il n’est pas trop tard ». Il invite artistes, écrivains et intellectuels à descendre dans la rue, à signer des pétitions et à faire entendre le slogan « Free Iran », réclamant une mobilisation publique à la hauteur de la tragédie vécue par le peuple iranien.