"Israël n’est pas mon ennemi" : le plaidoyer d’Oussama Ammar pour un tournant libanais
L’entrepreneur appelle à tourner la page de la guerre au profit d’un avenir fondé sur la paix et la reconstruction.


L'entrepreneur Oussama Ammar livre dans un texte une prise de position rare, à contre-courant des discours dominants dans le monde arabe : Israël, affirme-t-il, n’est pas son ennemi. Ce constat n’est ni théorique ni idéologique, mais enraciné dans une histoire familiale marquée par la guerre. Originaire du sud du Liban, Ammar rappelle les pertes, les destructions, les traumatismes vécus par les siens, notamment sous les frappes israéliennes. C’est précisément depuis cette mémoire douloureuse qu’il revendique aujourd’hui une parole libre et lucide.
Son analyse dépasse toutefois le seul face-à-face israélo-libanais. Il critique frontalement le modèle du Hezbollah, qu’il décrit comme un « État dans l’État » ayant certes apporté un soutien économique à une région marginalisée, mais au prix d’une dépendance stratégique à l’Iran et d’un cycle sans fin de guerre et de destruction. Pour lui, le pari d’une alliance avec Téhéran est un échec dont les premières victimes sont les populations chiites du sud du pays.
Oussama Ammar pose alors un constat brut : Israël est une réalité durable et une puissance régionale dominante. Dès lors, les peuples de la région n’ont, selon lui, que deux options — la guerre permanente ou l’acceptation suivie d’un accord de paix. Refusant les postures idéologiques importées, il dénonce une coalition hétéroclite d’acteurs extérieurs — militants, universitaires, influenceurs — qui instrumentalisent le conflit sans en subir les conséquences.
À rebours de ces logiques, l’entrepreneur appelle à reconnaître les proximités culturelles entre Libanais et Israéliens et à imaginer un avenir commun. Dans un contexte de lassitude face à la guerre, il perçoit même les prémices d’un basculement des mentalités au Liban. Son message, en forme d’espoir, tient en une ambition simple mais radicale : tourner la page du conflit pour reconstruire.