"J’étais la juive du lycée, puis la sioniste" : le témoignage d’Emma sur l’antisémitisme ordinaire après le 7 octobre
Emma, 19 ans, raconte le climat d’hostilité et les insultes antisémites qu’elle dit avoir subis dans son lycée du Val-de-Marne, avant et surtout après le 7 octobre.


Dans une vidéo diffusée par LEON le média, Emma, 19 ans, livre un témoignage sur les violences verbales et le climat d’hostilité qu’elle dit avoir subis dans son lycée public du Val-de-Marne. Témoignage recueilli avec l’aide de l’ULJF, son récit met en lumière une réalité préoccupante : celle d’un antisémitisme persistant, qui s’est intensifié après le 7 octobre.
https://x.com/i/web/status/2046213478642323679
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Avant même cette date, Emma explique être régulièrement la cible de remarques stéréotypées : « Emma, tu peux me payer ça, de toute façon t’as l’argent, t’es juive », ou encore des insinuations sur le gaz, dans un registre mêlant clichés et allusions historiques. Mais ce qui l’a le plus marquée reste la banalisation de symboles haineux : « une dizaine de croix gammées » taguées sur ses tables, dans l’indifférence générale, voire sous les rires.
Après le 7 octobre, un basculement s’opère. « J’étais la juive du lycée, puis la sioniste du lycée, c’était bien pire », raconte-t-elle. Les insultes se politisent, sans pour autant perdre leur violence : « sale génocidaire », « tu tues des Palestiniens ». Emma souligne un glissement de justification : « les gens ont juste changé de prétexte, parce que la politique, ça passe mieux que l’atteinte à la religion ».
Elle déplore également l’absence de réaction de l’institution scolaire. Alerté, un responsable lui aurait répondu qu’« il y a plein d’autres gens qui souffrent dans le monde », une phrase qu’elle qualifie de « lunaire ». Aucun élève n’aurait été sanctionné, malgré des faits répétés.
Isolée, Emma dit s’être « mentalement préparée » à subir jusqu’à la fin de sa scolarité. Jusqu’à redouter chaque entrée dans l’établissement, avec « une cible sur le front ». Aujourd’hui, elle espère pouvoir « redémarrer à zéro », loin des étiquettes. Mais son constat est sans appel : selon elle, le lycée « a échoué dans sa tâche d’aider les élèves à évoluer ».