Jean-Noël Barrot dénonce le report des élections législatives palestiniennes
Le chef de la diplomatie française estime que le report au 11 septembre 2027 prive les Palestiniens de leur droit à choisir leurs dirigeants.


La France hausse le ton face à Mahmoud Abbas. Après le communiqué du Quai d’Orsay publié dimanche, Jean-Noël Barrot a vivement critiqué lundi le report des élections palestiniennes. Depuis Luxembourg, le ministre français des Affaires étrangères a qualifié cette décision de « plus mauvais service » rendu au peuple palestinien.
Le décret de Mahmoud Abbas prévoit désormais la tenue simultanée des élections législatives et présidentielle le 11 septembre 2027. Les législatives étaient initialement prévues le 28 novembre 2026, tandis que la présidentielle devait se tenir au début de l’année prochaine.
« Les Palestiniens ont le droit d’exprimer leur aspiration à l’autodétermination au travers d’élections libres et démocratiques, en se choisissant des chefs », a déclaré Jean-Noël Barrot. La diplomatie française souligne que ce report intervient vingt ans après les dernières élections législatives et cinq ans après le report du scrutin prévu en 2021. Elle estime que les Palestiniens sont une nouvelle fois privés de la possibilité de choisir leurs représentants par les urnes.
Un engagement pris auprès de la France
Dans son communiqué, le Quai d’Orsay rappelle que Mahmoud Abbas s’était engagé à organiser des élections libres et transparentes. La France appelle les autorités palestiniennes à revenir sur leur décision et à tenir les scrutins « au plus vite ». Elle se dit prête à accompagner le processus avec ses partenaires européens, notamment par l’intermédiaire de la mission d’observation électorale de l’Union européenne.
Cet engagement s’inscrit dans les discussions menées en 2025 entre Mahmoud Abbas et Emmanuel Macron autour de la reconnaissance de l’État de Palestine et de la réforme des institutions palestiniennes. Le 22 septembre 2025, la France a officiellement reconnu l’État de Palestine. Emmanuel Macron avait alors défendu cette décision comme un moyen de préserver la perspective d’une solution à deux États, en appelant également à un renouvellement démocratique palestinien.
Pour Paris, l’organisation d’élections doit permettre aux dirigeants palestiniens de porter les aspirations de leur peuple avec une légitimité renouvelée. Le Quai d’Orsay estime que ce renouvellement démocratique est aussi lié à la préservation de la solution à deux États.