Julien Théry, professeur à Lyon 2, suspendu 18 mois pour des publications antisémites
Selon le rectorat, l'enseignant a été sanctionné pour "manquements au devoir de dignité, de mesure et d'exemplarité"


L'université Université Lumière Lyon 2 a prononcé une interdiction d'exercer de dix-huit mois à l'encontre de l'historien médiéviste Julien Théry, assortie d'une privation de salaire, à la suite de publications sur les réseaux sociaux jugées antisémites. Selon le rectorat, l'enseignant a été sanctionné pour "manquements au devoir de dignité, de mesure et d'exemplarité", ainsi que pour avoir porté atteinte à l'image et au fonctionnement de l'établissement.
L'affaire remonte à la fin de l'année 2025. Suspendu à titre conservatoire début décembre, Julien Théry avait été signalé au parquet par l'université après la diffusion de plusieurs publications controversées. Parmi elles figurait un message publié sur Facebook, dans lequel il appelait au boycott de vingt personnalités qu'il qualifiait de "génocidaires", dont de nombreuses personnalités juives telles que l'animateur Arthur ou les acteurs Charlotte Gainsbourg et Philippe Torreton.
Ces personnalités avaient signé, la veille, une tribune publiée dans Le Figaro demandant au président Emmanuel Macron de conditionner une éventuelle reconnaissance de l'État palestinien à la libération des otages détenus à Gaza et au démantèlement du Hamas.
La polémique s'est amplifiée après la mise au jour d'un photomontage publié en janvier 2024 sur le compte Facebook de l'enseignant, reprenant plusieurs stéréotypes antisémites en lien avec le conflit israélo-palestinien. Révélé par le syndicat étudiant UNI Lyon, ce visuel avait suscité de vives réactions, notamment de la LICRA et du ministre de l'Éducation, qui avait dénoncé des publications "profondément scandaleuses".
L'affaire a également ravivé les critiques visant l'université Lyon 2. Le président du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale, Laurent Wauquiez, a dénoncé un "nouveau dérapage" de l'établissement, déjà accusé par la région Auvergne-Rhône-Alpes de dérives "islamo-gauchistes", ce qui avait conduit à la suspension de certaines subventions régionales.