Liste de "génocidaires à boycotter" : l'université Lyon 2 saisit le procureur
Face à l’ampleur des réactions, l’établissement a saisi le procureur et attend désormais la décision de la justice avant toute sanction disciplinaire.


L’université Lyon 2 a annoncé avoir saisi le procureur de la République après la controverse provoquée par la publication, sur Facebook, d’une liste de vingt personnalités présentées comme des « génocidaires à boycotter en toutes circonstances » par l’un de ses enseignants, l’historien Julien Théry, a rapporté le Figaro. Dans un communiqué, l’établissement précise que sa présidente a reçu le professeur pour lui réaffirmer sa « réprobation », avant de décider de transmettre le dossier à la justice en application de l’article 40 du code de procédure pénale. Le parquet de Lyon indique avoir reçu un signalement « en cours d’évaluation ».
Lyon 2 explique qu’elle attendra la décision de l’autorité judiciaire avant d’engager d’éventuelles mesures disciplinaires. Parmi les personnalités visées par Julien Théry figurent Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Bernard-Henri Lévy, l’animateur Arthur Essebag ou encore Yonathan Arfi, président du Crif. Le message de l’enseignant répondait à un post publié le même jour par Sophie Trégan, contributrice de Mediapart, qui critiquait une tribune du Figaro signée par ces vingt personnalités et appelant Emmanuel Macron à ne pas reconnaître un État palestinien sans conditions.
La polémique a éclaté deux mois plus tard, après que la LICRA a dénoncé la liste sur X, relançant le débat. Laurent Wauquiez, figure de la droite, s’est aussitôt insurgé, liant cette affaire à sa décision passée de suspendre les financements régionaux de Lyon 2, déjà secouée par plusieurs incidents, dont l’intimidation d’un enseignant en avril dernier.
Réagissant sur Facebook, Julien Théry assume ses propos et accuse la LICRA et ses soutiens de le cibler dans une « offensive maccarthyste » contre la liberté académique, estimant avoir simplement relayé les propos de Sophie Trégan.