Lyon 2 : après les "génocidaires à boycotter", le professeur visé pour la diffusion d'une caricature antisémite
L’UNI Lyon, association étudiante de droite, dénonce "la diffusion de caricatures ouvertement antisémites" et exige des sanctions contre l’enseignant, qualifié "d’antisémite notoire"


L’Université Lyon 2 se retrouve de nouveau au centre d’une polémique visant l’un de ses enseignants, l’historien médiéviste Julien Thery. Après avoir suscité l’indignation la semaine dernière avec sa liste de personnalités qualifiées de "génocidaires à boycotter", l’universitaire est accusé d’avoir relayé sur ses réseaux sociaux une caricature jugée antisémite.
L’UNI Lyon, association étudiante classée à droite, affirme avoir découvert lundi la publication d’un "mème" représentant un homme présenté comme juif en train de voler un portefeuille. Selon l’organisation, cette image, apparue en janvier 2024 sur les réseaux du professeur, témoigne d’une dérive répétée. Elle dénonce "la diffusion de caricatures ouvertement antisémites" et exige une nouvelle fois des sanctions immédiates contre l’enseignant, qualifié sans détour "d’antisémite notoire".
https://x.com/i/web/status/1995520929359970331
Ce post ne peut être affiché car les cookies pour les réseaux sociaux sont désactivés. Vous pouvez les réactiver en cliquant sur .
La semaine dernière déjà, l’UNI avait interpellé la présidente de l’université après la diffusion par Julien Thery d’une liste ciblant vingt personnalités décrites comme "génocidaires". L’association affirme n’avoir reçu aucune réponse substantielle, si ce n’est un message indiquant l’absence d’éléments nouveaux à communiquer.
Face à la première affaire, l’université avait saisi le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale, ce qui avait entraîné l’ouverture d’une enquête. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été réalisée concernant ces nouveaux signalements liés à la caricature.
La classe politique s’est également emparée du dossier. Laurent Wauquiez, député et ancien président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, a dénoncé "un nouveau dérapage à Lyon 2" et fustigé "l’absence de réaction digne de ce nom" de la part de l’établissement. Il a rappelé que la Région, déjà en rupture de partenariats avec l’université, ne renouerait aucun lien tant que celle-ci n’aurait pas "remis de l’ordre dans son fonctionnement".
Entre pressions institutionnelles, tensions internes et procédure judiciaire en cours, Lyon 2 se retrouve confrontée à une affaire qui ne cesse d’enfler et qui interroge, une fois encore, sur la gestion des prises de position politiques au sein du milieu universitaire.