Manifestation d’Urgence Palestine à Paris le 7 octobre : l’UEJF porte plainte pour apologie du terrorisme
La présidente de l’UEJF, Léa Hanoune, dénonce auprès d’i24NEWS des slogans glorifiant la « résistance » et des affiches de victimes déchirées lors du rassemblement parisien.

L’Union des étudiants juifs de France (UEJF) annonce qu’elle portera plainte pour apologie du terrorisme après la manifestation organisée par le collectif Urgence Palestine, mercredi 7 octobre à Paris, jour du troisième anniversaire du massacre commis par le Hamas en Israël.
Dans un entretien accordé à i24NEWS, la nouvelle présidente de l’organisation, Léa Hanoune, qualifie le rassemblement d’« absolument scandaleux ». L’UEJF affirme y avoir relevé plusieurs slogans, parmi lesquels « Merci aux martyrs », « Une seule solution » et « Avec les armes, chassez les colons ».
« Nous allons porter plainte pour ces propos », confirme Léa Hanoune. L’organisation dit avoir enregistré une grande partie des prises de parole et des slogans entendus pendant la manifestation. Ces éléments sont désormais examinés par son avocat afin de déterminer précisément la portée de la procédure.
À ce stade, l’UEJF ne précise pas si la plainte visera le collectif lui-même, certains organisateurs ou des participants identifiés. « Nous attendons encore les détails de notre avocat. Nous avons enregistré à peu près tout ce qui s’est dit, mais je ne veux pas avancer d’éléments imprécis », explique sa présidente, elle-même avocate de formation.
« Le 7 octobre a été présenté comme un acte de résistance »
Pour Léa Hanoune, le choix de manifester précisément le 7 octobre ne peut être dissocié des slogans et des discours prononcés lors du rassemblement. Elle accuse certains participants d’avoir présenté l’attaque du Hamas comme un acte relevant de la « résistance palestinienne ».
« Le 7 octobre a été présenté comme un acte de résistance, alors qu’il s’agit du plus grand massacre de Juifs depuis la Shoah », dénonce-t-elle. « Cela suffit de nier et d’effacer ce massacre, en inversant les responsabilités et en faisant disparaître la barbarie du Hamas. »
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La présidente de l’UEJF insiste sur la nécessité de distinguer la dénonciation des souffrances civiles à Gaza de la glorification des attaques commises en Israël. « On peut évidemment pleurer les civils palestiniens morts. En revanche, ce qu’on ne peut pas faire, c’est l’apologie du terrorisme ou présenter les terroristes du Hamas comme des héros », affirme-t-elle.
Des membres de l’UEJF se sont rendus sur place avec des portraits de victimes du 7 octobre, parmi lesquels celui de Kfir Bibas, enlevé à l’âge de neuf mois puis tué en captivité. Selon Léa Hanoune, plusieurs manifestants ont arraché et déchiré ces affiches, dont celle du plus jeune otage du Hamas, dans un climat de fortes tensions.
« Nous voulions rappeler que le Hamas avait tué des civils israéliens, des enfants, des bébés, mais aussi des militants pour la paix », raconte-t-elle. Un important dispositif policier avait été déployé autour du rassemblement.
Une manifestation interdite, puis autorisée par la justice française
Organisé « contre le génocide à Gaza et pour le respect du cessez-le-feu », le rassemblement avait initialement été interdit par la préfecture de police de Paris, à la demande du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez.
Le préfet de police, Patrice Faure, avait invoqué le niveau élevé de la menace terroriste ainsi que celui des actes antisémites en France. Il estimait qu’une telle manifestation, organisée le jour anniversaire du 7 octobre, faisait peser un risque important de troubles à l’ordre public.
Urgence Palestine avait alors saisi le tribunal administratif de Paris. Quelques heures avant le début du rassemblement, le juge des référés a suspendu l’arrêté préfectoral. Dans sa décision, la justice a considéré que le choix de cette date, aussi choquant puisse-t-il paraître, ne suffisait pas à caractériser à lui seul un trouble à l’ordre public.
Le collectif avait salué cette décision comme « un désaveu pour le gouvernement et pour Laurent Nuñez ». L’UEJF estime au contraire que les slogans prononcés et les incidents constatés sur place confortent les inquiétudes exprimées par la préfecture.
Pour justifier son interdiction, celle-ci avait également rappelé le précédent rassemblement organisé par Urgence Palestine le 7 octobre 2024. Des manifestants avaient notamment scandé « Israël assassin, Macron complice » ou encore « Fascistes, sionistes, c’est vous les terroristes ». L’arrêté soulignait que ces propos avaient provoqué un vif émoi au sein de la communauté juive et faisait craindre leur répétition.
« Des étudiants avaient peur de se rendre à l’université »
Élue récemment à la tête de l’UEJF après avoir étudié à Sciences Po et à la Sorbonne, Léa Hanoune affirme s’être engagée pour répondre à la dégradation du climat vécu par les étudiants juifs depuis le 7 octobre 2023.
« À ce moment-là, je recevais presque un appel tous les quarts d’heure d’étudiants qui se sentaient isolés ou qui avaient peur de se rendre à l’université », se souvient-elle. « Depuis trois ans, nous traversons une période extrêmement importante pour les étudiants juifs et, plus largement, pour les Juifs de France. »
La procédure annoncée par l’UEJF doit désormais permettre à la justice d’examiner les enregistrements recueillis et de déterminer si les slogans prononcés pendant la manifestation peuvent recevoir une qualification pénale, notamment celle d’apologie du terrorisme.
