Manifestations du 17 octobre contre la vie chère en France : violences et gilets jaunes
À Marseille, les tensions ont atteint leur paroxysme lorsque plusieurs dizaines de manifestants ont fait irruption dans l’hôtel de ville, sur le Vieux-Port, drapeau palestinien en étendard


La journée de mobilisation contre la vie chère a dégénéré samedi dans plusieurs villes françaises. À Marseille, des manifestants ont forcé les portes de l’hôtel de ville et saccagé du mobilier. À Lyon, un bâtiment de l’office de tourisme a été incendié. Dans les rassemblements, des drapeaux palestiniens côtoyaient les gilets jaunes, témoignant de la diversité des causes défendues.
À Marseille, les tensions ont atteint leur paroxysme lorsque plusieurs dizaines de manifestants ont fait irruption dans l’hôtel de ville, sur le Vieux-Port. Aux cris de « C’est la Révolution, on prend la Bastille », ils ont forcé les lourdes portes en bois à l’aide de barrières de sécurité et de coups de pied.
À l’intérieur, tables et chaises ont été renversées, un écran endommagé et un buste de Marianne, symbole de la République, jeté au sol. Un symbole anarchiste a également été tagué sur un mur. Parmi les participants à cette intrusion, majoritairement jeunes, certains arboraient des gilets jaunes, d’autres des drapeaux palestiniens.
Plus tôt, sur la Canebière, des individus masqués avaient pris pour cible un poste de police municipale. Des protections ont été arrachées et des fumigènes lancés à l’intérieur, tandis que des commerces étaient vandalisés et plusieurs boutiques pillées. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les groupes violents.
Le maire de Marseille, Benoît Payan, a vivement condamné les casseurs, les accusant de discréditer les revendications légitimes des lycéens. Il a annoncé avoir obtenu d'Emmanuel Macron l'envoi immédiat de renforts policiers.
La situation a également dégénéré à Lyon. Place Bellecour, une antenne de l’office de tourisme a été saccagée puis incendiée, provoquant un important dégagement de fumée. Selon la préfecture du Rhône, des groupes hostiles ont entravé l’intervention des pompiers.
Des individus cagoulés ont lancé des projectiles et des mortiers d’artifice contre les policiers, qui ont répliqué à coups de gaz lacrymogènes et de grenades de désencerclement. Un canon à eau a également été mobilisé. À Paris, place de la République, des affrontements ont opposé manifestants masqués et forces de l’ordre, tandis qu’un véhicule et un kiosque à journaux étaient incendiés.
À la mi-journée, le ministère de l’Intérieur recensait 32 800 manifestants en province, 140 actions et 166 interpellations sur l’ensemble du territoire. Un bilan encore provisoire, alors que les autorités redoutaient de nouveaux affrontements dans l’après-midi.