Ofer Bronchtein : "Le Hamas ne veut pas d'État palestinien, il veut une Oumma musulmane"
"Nous sommes contre la guerre comme elle est aujourd'hui. Elle n'a plus aucun sens. Elle ne libère pas les otages malheureusement, et elle ne va pas éliminer le Hamas."


Ofer Bronchtein, envoyé spécial d'Emmanuel Macron pour le conflit israélo-palestinien, a défendu dimanche soir sur i24NEWS la position française sur la reconnaissance d'un État palestinien, tout en se montrant critique envers l'opération militaire israélienne actuelle à Gaza.
Des conditions strictes pour la reconnaissance
Contrairement aux accusations d'une reconnaissance "unilatérale", Bronchtein a énuméré les conditions posées par Paris : "L'élimination du Hamas, la démilitarisation de Gaza, une refonte de l'autorité palestinienne, la reconstruction de Gaza." La "première plus importante condition" reste selon lui "la libération des otages sans aucune exception et sans aucun prétexte". Il a également balayé les critiques sur la contradiction française, qui exigerait l'élimination du Hamas tout en s'opposant à l'effort de guerre israélien : "Je ne crois pas que reconnaître un État palestinien aujourd'hui soit soutenir le Hamas, je crois que c'est le contraire."
Une analyse géopolitique tranchée
Ofer Bronchtein a livré une lecture du 7 octobre, distinguant les revendications du Hamas de celles des nationalistes palestiniens : "Ce n'est pas avec un drapeau palestinien que le Hamas a attaqué, c'est avec le drapeau vert. Ce n'est pas pour la libération de la Palestine qu'il est venu massacrer, c'est pour la libération de Jérusalem."
"Sa revendication était religieuse, elle n'était pas nationale", a-t-il martelé, avant d'asséner : "Le Hamas ne veut pas d'État palestinien, le Hamas veut une Oumma musulmane."
Critique de l'opération militaire
Ofer Bronchtein s'est montré sévère sur la conduite actuelle de la guerre : "Nous sommes contre la guerre comme elle est aujourd'hui. Elle n'a plus aucun sens. Elle ne libère pas les otages malheureusement, et elle ne va pas éliminer le Hamas."
Une position qui illustre les tensions diplomatiques persistantes entre Paris et Jérusalem sur la stratégie à Gaza.