Rima Hassan jugée à Paris pour apologie du terrorisme
Pour Muriel Ouaknine-Melki, présidente de l’OJE, le problème réside dans le fait de présenter un acte terroriste comme une forme de résistance légitime


L’eurodéputée de La France insoumise Rima Hassan comparaît ce lundi et mardi devant le tribunal correctionnel de Paris. Elle est poursuivie pour apologie du terrorisme à la suite d’un message publié le 26 mars sur le réseau social X, puis supprimé, qui reprenait une citation attribuée à Kōzō Okamoto, l’un des auteurs de l’attentat perpétré en 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv.
Dans cette publication, la députée franco-palestinienne citait les propos du terroriste japonais, qui avait participé à l’attaque menée par l’Armée rouge japonaise au nom de la cause palestinienne : « Tant qu’il y aura oppression, la résistance ne sera pas seulement un droit, mais un devoir. »
Le message avait été signalé au parquet par le ministre de l’Intérieur, puis par l’Organisation juive européenne (OJE) et la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra). L’affaire avait notamment conduit à la garde à vue de l’élue, une semaine après la publication.
Pour Muriel Ouaknine-Melki, présidente de l’OJE, le problème réside dans le fait de présenter un acte terroriste comme une forme de résistance légitime. L’avocat de Rima Hassan, Vincent Brengarth, défend au contraire la thèse d’une procédure motivée par des considérations politiques. Selon lui, sa cliente serait visée en raison de ses prises de position sur Gaza et de ses dénonciations des actions israéliennes.
Rima Hassan a elle-même dénoncé un procès qu’elle qualifie de « politique », estimant qu’il vise à intimider ceux qui prennent la parole contre Israël. Le tribunal doit examiner les faits et déterminer si la publication relève de l’infraction qui lui est reprochée.