Roissy : des employés du fret refusent de charger une cargaison destinée à la société israélienne Elbit
Le Quai d'Orsay a rappelé jeudi que des composants militaires ne peuvent être exportés vers Israël que s'ils sont destinés à un usage exclusivement défensif


Nouvel épisode dans la bataille autour des exportations de composants militaires français vers Israël. Selon la chaîne israélienne N12, des employés d'une société de fret française ont refusé de charger une cargaison destinée à Elbit Systems à bord d'un appareil d'El Al qui doit relier Paris à Israël samedi soir.
Cette cargaison devait initialement partir jeudi sur un vol Air France. Mercredi, la CGT, Solidaires et plusieurs syndicats aéroportuaires, alertés par les associations Urgence Palestine et Palestinian Youth Movement, ainsi que par l'eurodéputée Rima Hassan, avaient dénoncé sa présence à bord du vol AF966 Paris–Tel-Aviv prévu jeudi matin. Selon eux, il s'agit de réducteurs planétaires destinés à des véhicules militaires d'Elbit Systems Land.
Air France a démenti auprès de franceinfo, assurant n'avoir aucune réservation pour ce type de marchandise et ne pas transporter d'armes vers Israël. Les militants contestent cette version : d'après une source d'Urgence Palestine citée par The New Arab, la compagnie aurait annulé le contrat de transport, et l'envoi aurait été reporté sur le vol LY220 d'El Al, prévu ce samedi.
Deux associations, NIDAL et ASER, ont par ailleurs saisi Matignon et les douanes pour faire vérifier l'existence d'une licence d'exportation et inspecter la cargaison. De son côté, le Quai d'Orsay a rappelé jeudi que des composants militaires ne peuvent être exportés vers Israël que s'ils sont destinés à un usage exclusivement défensif ou intégrés à des équipements réexportés vers des pays tiers.