Sébastien Delogu : cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate requis contre le député LFI
Le parquet de Marseille a requis cinq ans d’inéligibilité, deux ans de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende contre Sébastien Delogu.


Le député La France insoumise Sébastien Delogu risque de lourdes sanctions judiciaires. Mercredi 21 octobre, devant le tribunal correctionnel de Marseille, le parquet a requis à son encontre cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, deux ans de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende.
L'élu des Bouches-du-Rhône est poursuivi pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels appartenant à Isidore Aragones, ancien bâtonnier de Marseille et ancien président local du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif).
L'affaire remonte à septembre 2024, en pleine grève des salariés de Laser Propreté, une entreprise chargée notamment du nettoyage de la gare Saint-Charles. Le 19 septembre, plusieurs représentants du personnel avaient pénétré dans le bureau du dirigeant, Isidore Aragones. Ce dernier avait ensuite constaté la disparition d'un dossier contenant des correspondances privées.
Cinq jours plus tard, Sébastien Delogu avait publié certains de ces documents sur son compte Instagram. Parmi les informations divulguées figurait notamment un projet de déplacement en Israël de l'ancien responsable du Crif, qui souhaitait exprimer sa reconnaissance à Tsahal.
Isidore Aragones affirme que ces publications l'ont exposé à des menaces et ont fait de lui une cible.
Lors de son réquisitoire, la procureure Audrey Jouaneton a dénoncé la gravité des faits reprochés au parlementaire, estimant qu'il avait « sali la fonction » de député. Elle a également accusé l'élu d'avoir instrumentalisé un conflit social pour s'en prendre à Isidore Aragones en raison de son appartenance à la communauté juive.
Face au tribunal, Sébastien Delogu a choisi de faire valoir son droit au silence, tout en présentant ses excuses. Il a expliqué avoir été mal conseillé et avoir agi dans l'urgence, sans développer davantage ses motivations.
Son avocat, Me Yonès Taguelmint, a contesté les accusations faisant référence à l'antisémitisme et dénoncé la sévérité des réquisitions. La défense s'est notamment opposée à la peine d'inéligibilité demandée par le parquet.
Aucune condamnation n'a été prononcée à ce stade. Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 11 décembre 2026. Sébastien Delogu demeure présumé innocent jusqu'à ce qu'une décision judiciaire établisse sa culpabilité.