Soupçonné d'avoir financé le Hamas depuis la France, un président d'association placé en détention provisoire
Faouzi B., président de l'association Baraka, a été écroué et Amel O., présidente de l'association Ensemble C Mieux, a été placée sous contrôle judiciaire


Le président d'une association humanitaire basée en Gironde a été placé mardi en détention provisoire dans le cadre d'une enquête antiterroriste portant sur des soupçons de financement du Hamas depuis la France. Faouzi B., président de l'association Baraka, avait été mis en examen vendredi avec quatre autres personnes.
L'affaire porte sur des collectes de fonds présentées comme destinées à l'aide humanitaire à Gaza. Les enquêteurs soupçonnent qu'une partie de cet argent ait en réalité été transférée à un collecteur de fonds lié au Hamas. Les cinq mis en cause, parmi lesquels figurent deux présidents d'associations, ont été mis en examen notamment pour "financement d'entreprise terroriste", "abus de confiance en bande organisée" et "blanchiment d'abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste". Ils contestent les faits qui leur sont reprochés.
L'enquête préliminaire avait été ouverte le 21 avril par le Parquet national antiterroriste (Pnat). Les suspects ont été placés en garde à vue la semaine dernière dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), avant l'ouverture d'une information judiciaire. Le Pnat avait demandé le placement en détention provisoire des deux dirigeants associatifs. Faouzi B. avait sollicité un débat différé afin de préparer sa défense avant que le juge des libertés et de la détention ne décide mardi de son incarcération. La seconde présidente d'association mise en cause, Amel O., de l'association Ensemble C Mieux, a été placée sous contrôle judiciaire.
Les deux responsables associatifs sont également dans le viseur des autorités américaines. Le 2 octobre, Washington les a placés sous sanctions, les accusant d'avoir participé à un système de financement du Hamas. Selon le Trésor américain, Faouzi B., Amel O. et Saleem al-Zaq, présenté comme un membre de la branche armée du Hamas, auraient collecté plus de deux millions de dollars entre 2020 et 2026, dont 1,5 million après le massacre du 7 octobre 2023. Des centaines de milliers de dollars auraient notamment été transférés en cryptomonnaies.
Les investigations françaises se poursuivent désormais sous l'autorité de magistrats antiterroristes afin de déterminer la destination exacte des fonds et les responsabilités de chacun des suspects.