Un professeur de l’université Lyon 2 crée la polémique en publiant une liste de "génocidaires à boycotter"
Face à l’emballement, Julien Théry a réagi sur sa page Facebook, assumant pleinement ses propos et accusant la Licra et ses soutiens d’être des "agents de la hasbara"


Une nouvelle controverse éclate à l’université Lyon 2 après la diffusion, par un professeur d’histoire, d’une liste de vingt personnalités qualifiées de "génocidaires à boycotter en toutes circonstances". Julien Théry, enseignant-chercheur au CIHAM, a publié ce message le 20 septembre dernier dans un groupe Facebook animé par Le Média, un site d’information classé à l’extrême gauche.
La liste visée reprend précisément les signataires d’une tribune appelant Emmanuel Macron à ne pas reconnaître un État palestinien sans conditions préalables. Parmi eux figurent des personnalités comme Yvan Attal, Charlotte Gainsbourg, Arthur Essebag, Yonathan Arfi ou encore Bernard-Henri Lévy.
https://x.com/i/web/status/1991862661131489407
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L’affaire, restée discrète depuis septembre, a été propulsée sur le devant de la scène après une dénonciation publique de la Licra, qui a fustigé vendredi une "attitude ignominieuse" et assimilé cette démarche à des pratiques de l’époque de l’Occupation. L’association estime que l’appel au boycott de personnes physiques constitue une incitation à la discrimination et se dit prête à accompagner juridiquement les personnalités visées.
Plusieurs responsables politiques ont également réagi. Laurent Wauquiez, figure de la droite et ancien président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, a dénoncé sur X des propos "hallucinants" et évoqué un "antisémitisme d’extrême gauche" dans certaines universités. Il a rappelé avoir coupé les financements régionaux à Lyon 2 après l’agression, en avril dernier, du géographe Fabrice Balanche par un groupe masqué l’accusant de positions pro-Assad.
Face à l’emballement, Julien Théry a réagi sur sa page Facebook, assumant pleinement ses propos. Il accuse la Licra et ses soutiens d’être des "agents de la hasbara" et affirme que ses détracteurs confondent "juifs" et "sionistes partisans du génocide", une confusion qu’il qualifie lui-même d’antisémite. Il dénonce par ailleurs une "offensive maccarthyste" contre la liberté académique.
https://x.com/i/web/status/1991959612547825719
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L’université Lyon 2, déjà fragilisée par plusieurs polémiques récentes, a réagi avec fermeté. Dans un communiqué adressé au Figaro, la direction se dit "consternée" par cette publication, juge le procédé incompatible avec les valeurs de l’établissement et annonce qu’elle prendra "dans les meilleurs délais" les mesures nécessaires. Le professeur n’ayant aucune fonction de représentation, l’université rappelle toutefois qu’il s’exprimait à titre privé.