Vol au musée du Louvre : le mot de passe de la vidéosurveillance était... "Louvre"
Auditionnée par une commission sénatoriale le mois dernier, Laurence des Cars, présidente-directrice du Louvre, a admis de graves lacunes dans le dispositif de surveillance


Un mois après le vol spectaculaire de 88 millions de d'euros de bijoux au Louvre, les défaillances du système de sécurité du célèbre musée parisien font scandale. Parmi elles, un mot de passe à la portée du premier venu. Un employé de l'établissement vient ainsi de révéler que le mot de passe de la vidéosurveillance n'était autre que... "Louvre".
Cette révélation embarrassante illustre l'ampleur des négligences qui ont permis ce cambriolage éclair de sept minutes, perpétré en octobre dernier dans la galerie Apollon.
Auditionnée par une commission sénatoriale le mois dernier, Laurence des Cars, présidente-directrice du Louvre, a admis de graves lacunes dans le dispositif de surveillance. L'unique caméra extérieure de la galerie Apollon était orientée vers l'ouest et ne couvrait pas la fenêtre par laquelle les malfaiteurs ont pénétré à l'aide d'outils électriques.
Si cette dernière a assuré que toutes les alarmes et caméras vidéo fonctionnaient le jour du vol, elle a néanmoins reconnu une "faiblesse" dans la sécurité périmétrique du musée, "due à un sous-investissement". Un aveu qui tranche avec ses affirmations initiales sur le bon fonctionnement du système.
À ce jour, les bijoux volés n'ont toujours pas été retrouvés, malgré l'inculpation de quatre suspects. Selon Laure Beccuau, procureure de Paris, "toutes les pistes sont explorées" et "au moins une personne" reste en fuite.
Les deux premiers suspects arrêtés ne correspondent guère au profil de braqueurs professionnels : un chauffeur de taxi de 39 ans et un éboueur-livreur de 34 ans, tous deux de la banlieue nord parisienne. Leur ADN a été identifié sur les lieux et ils ont "partiellement reconnu leur implication", selon la procureure. L'éboueur, au chômage, a été interpellé à l'aéroport Charles de Gaulle alors qu'il s'apprêtait à embarquer pour un vol sans retour vers l'Algérie. Deux autres suspects, un homme de 37 ans et son compagnon de 38 ans, également originaires du nord de Paris, ont été mis en examen. Les autorités écartent pour l'instant la piste du crime organisé.