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Shazam, la technologie qui met un nom sur chaque chanson
Née bien avant l’ère des smartphones, l’application est devenue un outil universel pour identifier un morceau partout, à tout moment.


Reconnaître une chanson en quelques secondes est devenu un réflexe presque banal. Pourtant, derrière ce geste instinctif se cache une aventure technologique hors norme : celle de Shazam, l’une des applications les plus emblématiques de l’ère numérique, aujourd’hui installée sur près d’un milliard de téléphones à travers le monde.
L’histoire commence en 1999, bien avant l’ère des smartphones. Trois entrepreneurs – Chris Barton, Dhiraj Mukherjee et Philip Inghelbrecht – lancent un service révolutionnaire pour l’époque : la reconnaissance musicale par SMS. Le principe est simple mais audacieux : l’utilisateur appelle un numéro, laisse écouter la musique pendant quelques secondes, raccroche, puis reçoit par message le titre du morceau. Le tout pour un coût d’environ une demi-livre sterling par appel.
À l’époque, les téléphones dominants sont les Nokia, les applications n’existent pas encore et l’innovation passe par le SMS. Très vite, Shazam commence à constituer une immense base de données musicales : 1,7 million de titres à ses débuts, contre plus de 30 millions aujourd’hui.
Le tournant décisif intervient en 2008, lorsque Shazam devient une application gratuite sur iOS et Android. Grâce au microphone du téléphone, l’app capture un court extrait sonore, en crée une empreinte acoustique unique et la compare instantanément à sa base de données. En quelques secondes, le titre et l’artiste apparaissent à l’écran, que la musique provienne d’une radio, d’un film, d’un bar ou d’un concert.
En 2017, Apple rachète Shazam pour environ 400 millions de dollars, intégrant l’application à son écosystème musical. Plus de vingt ans après sa création, Shazam reste incontournable. Mieux encore : le verbe « shazamer » est entré dans le langage courant, preuve ultime qu’une innovation technologique peut aussi devenir un phénomène culturel.