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Affaire d'espionnage jugée à Berlin: Daniel Rouach en exclusivité sur i24NEWS

Daniel Rouach
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Haidar Syed Mustufa est accusé d'avoir espionné sur le campus de l'ESCP en 2015 le professeur franco-israélien

Daniel Rouach, professeur universitaire franco-israélien, auteur de livres économiques et président de la Chambre de Commerce et Industrie Israël - France (CCIIF) était jeudi l'invité exclusif d'i24NEWS dans Paris/Jaffa.

Il est revenu pour la première fois sur l'affaire d'espionnage dont il est "victime", impliquant un Pakistanais de 31 ans soupçonné d'avoir œuvré pour le compte des renseignements iraniens et faisant l'objet d'un procès à Berlin qui doit durer jusqu'à fin mars.

"Ce qui est très précis c'est que j'ai été suivi physiquement… on voit mon visage, on voit quand je sors de l'ESCP, on voit des éléments extrêmement troublants et on s'est rendu compte qu'il y avait effectivement quelqu'un qui me suivait et qui avait filmé", a expliqué Daniel Rouach sur i24NEWS.

Le Pakistanais Haidar Syed Mustufa est accusé d'avoir espionné sur le campus de l'Ecole supérieure de commerce de Paris (ESCP) en 2015 le professeur franco-israélien, puis en Allemagne l'ancien député social-démocrate et ex-président de la Société germano-israélienne (DIG) Reinhold Robbe, deux cibles potentielles pour les renseignements iraniens.

"D'après la presse allemande, il y avait probablement une autre personne avec Syed qui était à Paris et qui me suivait avec une volonté de m'abattre si Israël venait à attaquer l'Iran", a-t-il ajouté.

"Une cible qui soit israélienne"

Daniel Rouach a expliqué sur i24NEWS qu'il avait pris la décision d'avoir recours aux services d'un tireur d'élite pour assurer sa sécurité dans tous les événements importants auxquels il participait avant même de connaître l'affaire et a avoué n'avoir pas été surpris d'apprendre qu'il était une cible lorsqu'il a été contacté par les services français sur la demande des services de contre-espionnage allemands.

"J'ai comme un sonar personnel qui me dit 'il y a quelque chose qui se passe', comme beaucoup d'Israéliens quand ils repèrent des choses dans la rue qui sont anormales. Quand j'étais à Paris dans les lieux où je suis habituellement, je me suis rendue compte qu'il y avait quelque chose autour de moi… », a-t-il expliqué.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles il a été pris comme cible, Daniel Rouach suppose qu'"on cherchait probablement une cible qui soit israélienne et qui soit française... ainsi que d'autre raisons liées à l'ESCP".

"Est-ce qu'on sait pourquoi le Bataclan a été attaqué ?", s'est-il par ailleurs interrogé, sous-entendant que c'est avant tout ce qu'il représente qui a été visé.

"Je suis professeur, je suis expert dans un domaine et l'un des points qui a attiré l'attention de ce monsieur Haidar Syed Mustufa, c'est le fait que je suis expert dans les transferts de technologie. Ce Pakistanais est particulièrement intelligent, qui a un très haut niveau d'ingénierie, et il m'avait pointé comme expert", a-t-il également souligné.

Espionnage pour la Force Al-Qods

Arrivé en tant qu'étudiant en Allemagne en 2012, domicilié à Brême (nord) où il a été interpellé en juillet 2016, il aurait espionné en juillet et août 2015 Daniel Rouach.

L'espion présumé aurait remis à son contact iranien un dossier fournissant d'abondantes informations sur les mesures de sécurité en vigueur sur le campus, les vigiles présents ou les postes de police à proximité.

En outre, le parquet reproche à Haidar Syed Mustufa d'avoir travaillé pour la Force Al-Qods, une unité spéciale des Gardiens de la Révolution qui forme des recrues pour espionner à l'étranger.

"Le véritable choc n'est pas du tout de savoir qu'il y a quelqu'un qui a envie d'abattre un franco-israélien. Le fait est que j'étais très loin d'imaginer que derrière cette affaire on pouvait trouver la force Al-Qods, une unité spéciale des Gardiens de la Révolution, puisque je n'ai jamais écrit sur l'Iran et que je me garde bien de parler de ce sujet", a fait savoir Daniel Rouach.

Le professeur franco-israélien doit se rendre à Berlin pour assister au procès de l'espion présumé et a confirmé sur i24 NEWS que "oui je vais être présent et je n'ai pas peur".

"Comme monsieur Reinhold Robbe l'a dit : 'la vie continue'. Il y a une phrase que j'ai apprise en Israël, c'est 'lo nafsik lirkod', 'on n'arrêta pas de danser'... et moi on ne m'arrêtera pas, je n'ai peur de rien", a-t-il conclu se référant à l'attentat du Dolphinarium de Tel-Aviv en 2001.

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