ONU: "le monde est confronté à la plus grande crise humanitaire depuis 1945"

The UN Food and Agriculture Organization (FAO) warns of "isolated cases of starvation" in parts of Unity and Upper Nile states -- once the country's main oil producing states, now the epicentre of violence
Waakhe Simon Wudu (AFP)
Le Yémen, le Soudan du Sud, la Somalie et le Nord-Est du Nigéria sont les pays les plus touchés

Le monde est confronté à la plus grande crise humanitaire depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale avec plus de 20 millions de personnes dans quatre pays confrontés à la famine, a déclaré vendredi Stephen O'Brien, le sous-secrétaire général des Nations-Unies aux Affaires humanitaires, devant le Conseil de sécurité à New-York.

"Déjà depuis le début de l'année, nous sommes confrontés à la plus grande crise humanitaire depuis la création des Nations-Unies [en 1945]. Maintenant, plus de 20 millions de personnes dans quatre pays souffrent de famine," a déclaré O'Brien.

Injection immédiate de fonds pour combattre la famine

Sans efforts collectifs et coordonnés à l'échelle mondiale, "les gens vont mourir de faim et beaucoup d'autres souffriront et mourront des suites d'une maladie" s'est alarmé le haut responsable onusien.

Il a appellé à une injection immédiate de fonds pour le Yémen, le Soudan du Sud, la Somalie et le nord-est du Nigéria, ainsi qu'à un accès sûr et sans entrave à l'aide humanitaire "pour éviter une catastrophe".

"Nous avons besoin de 4.4 milliards de dollars d'ici le mois juillet", a précisé O'Brien devant le Conseil de sécurité.

Selon lui, si ce montant n'est rapidement versé, une malnutrition sévère s'abattra sur des enfants qui ne seront alors "plus capables d'aller à l'école", et "les moyens de subsistance et les espoirs seront perdus".

La famine est caractérisée par les organisations internationales dès lors que plus de 30% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition aiguë et que les taux de mortalité atteignent deux décès ou plus pour 10.000 personnes par jour.

STRINGER (AFP/File)

La plus grande crise humanitaire survenue au Yemen

La crise humanitaire qui touche aujourd'hui le Yémen est la plus importante jamais survenue dans ce pays, où deux tiers de la population (18.8 millions de personnes) sont dans le besoin d'aide et plus de 7 millions de personnes sont affamées et ne savent pas où ils se procureront leur prochain repas, ce qui représente "trois millions de personnes en plus qu'en janvier" selon le haut responsable des Nations-Unies.

O'Brien a visité le Yémen, où il a rencontré les deux belligérants au conflit, le gouvernement soutenu par le régime saoudien et les Houthi chiite soutenus par Téhéran, et a déploré que les deux camps continuent de mettre un frein à l'accès humanitaire.

Il a en outre annoncé que le secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, présidera une conférence au sujet de la catastrophe humanitaire qui frappe le Yémen le 25 avril prochain à Genève.

Cette guerre a provoqué le déplacement de plus de 48.000 personnes au cours des deux derniers mois, selon O'Brien.

La "proxy" guerre qui opposé l'Arabie Saoudite à l'Iran sévit au Yémen depuis 2015, et touche sévèrement la population civile.

La coalition arabe a apporté son soutien militaire au gouvernement yéménite du président Abd Rabbo Mansour Hadi, en lançant une campagne de frappes contre les rebelles qui s'étaient emparés, à partir de 2014, de larges pans du territoire dont la capitale Sanaa.

La coalition, qui intervient militairement depuis mars 2015 au Yémen, a été accusée à plusieurs reprises de bavures ayant coûté la vie à des civils, et promis de tout faire pour éviter ce genre d'incidents à l'avenir.

Mais vendredi, vingt civils et six rebelles ont été tués dans un raid aérien de la coalition arabe qui a touché un marché dans la ville portuaire de Khoukha, sur la mer Rouge, selon des sources militaire et médicale.

TONY KARUMBA (AFP/Archives)

Soudan du Sud: "la famine est le fait de l'homme"

L'agent onusien a également visité le Soudan du Sud, pays ravagé par une guerre civile sanglante de trois ans, où "la situation est pire que jamais".

"La famine au Sud-Soudan est le fait de l'homme", a-t-il lancé. "Les parties au conflit sont parties à la famine - de même que celles qui n'interviennent pas pour arrêter la violence".

Plus de 7,5 millions de personnes sont actuellement dans le besoin d'assistance, soit une hausse de 1,4 million par rapport à l'an dernier, tandis que 3,4 millions de Sud-soudanais ont été déplacés en raison de la guerre, dont près de 200.000 qui ont fui le pays depuis janvier.

"On.estime que plus d'un million d'enfants souffrent de malnutrition aiguë dans tout le pays, y compris 270 000 enfants qui risquent de mourir de manière imminente si l'aide humanitaire n'intervient pas à temps. Dans le même temps, l'épidémie de choléra qui a commencé en juin 2016 s'est propagée dans plusieurs endroits", a soutenu O'Brien.

Mohamed Abdiwahab (AFP/Archives)

La moitié de la Somalie a besoin d'assistance humanitaire

Sa visite en Somalie lui a permis de constater également l'étendu de la famine, dans un pays où plus de la moitié de la population a besoin d'assistance humanitaire (6.2 millions de personnes), dont 2.9 millions urgemment.

"Ce que j'ai vu et entendu lors de ma visite en Somalie a été difficile. Les femmes et les enfants marchent pendant des semaines à la recherche de nourriture et d'eau. Ils ont perdu leur bétail, les sources d'eau ont séché et ils n'ont plus rien pour survivre", a témoigné O'Brien.

Screenshot via YouTube

Le nord-est du Nigéria où règne Boko Haram

Dans le nord-est du Nigéria, les exactions du groupe extrémiste islamique Boko Haram ont coûté la vie à plus de 20.000 personnes et provoqué le départ de 2,6 millions de Nigérians de leurs foyers.

Un coordinateur humanitaire de l'ONU a déclaré le mois dernier que la malnutrition dans le nord-est est si prononcée que certains adultes sont trop faibles pour marcher et certaines communautés ont perdu tous leurs nouveau-nés.

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