USA: action militaire contre Pyongyang, une "option sur la table" pour Tillerson

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson (c) lors d'une visite dans la zone démilitarisée entre les deux Corées (DMZ), le 17 mars 2017 à Panmunjom
Lee Jin-man (POOL/AFP)
"Des années de diplomatie et de sanctions, et aucun effet sur Pyongyang, une nouvelle approche s'impose"

Une action militaire des Etats-Unis contre la Corée du Nord est une "option" qui est "sur la table", a déclaré vendredi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson après une visite dans la Zone démilitarisée qui sépare les deux Corées.

"Certainement, nous ne voulons pas que les choses en viennent au conflit militaire", a-t-il lors d'un point de presse conjoint avec son homologue sud-coréen Yun Byung-Se avant cependant d'ajouter: "s'ils élèvent le niveau de menace de leur programme d'armements à un niveau qui nécessite à nos yeux une action, alors, cette option sera sur la table".

"La politique de patience stratégique est terminée. Nous explorons une nouvelle gamme de mesures diplomatiques, sécuritaires et économiques", a-t-précisé.

FRANCK ROBICHON (POOL/AFP)

Le chef de la diplomatie américaine est arrivé vendredi dans la Zone démilitarisée qui sépare les deux Corées, d'où il pourra contempler le Nord, après avoir tiré un constat d'échec sur 20 ans d'efforts diplomatiques pour dénucléariser Pyongyang.

Le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson effectue une tournée en Asie, sa première expérience diplomatique de management de crise. Il devait s'entretenir avec le président sud-coréen par intérim Hwang Kyo-Ahn alors que la Chine a mis au défi Washington de trouver une autre façon d'affronter la situation nord-coréenne.

M. Tillerson a atterri sur la base aérienne d'Osan en provenance du Japon, grimpant à bord d'un hélicoptère Blackhawk à destination de la DMZ, en fait l'un des secteurs les plus fortifiés du monde. Il y a rencontré le commandant des 28.000 soldats américains déployés en Corée du Sud.

TORU YAMANAKA (POOL/AFP)

M. Tillerson se rend samedi en Chine, principal allié diplomatique et partenaire commercial de Pyongyang, pour lui demander de mettre davantage la pression sur le Nord. Mais Pékin ne décolère pas face au déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain Thaad.

Soutien total

La Corée du Nord ambitionne de longue date de devenir une puissance nucléaire. Elle a mené son premier essai nucléaire souterrain en 2006, faisant fi de l'opposition de la communauté internationale. Depuis, elle a mené quatre autre essais, dont deux rien qu'en 2016.

Elle a essuyé plusieurs volées de sanctions de l'ONU qui n'ont rien fait pour la dissuader de poursuivre sur la voie militaire. Le 6 mars, elle a tiré une salve de missiles balistiques dont trois ont fini leur course en mer près de l'archipel nippon.

"Face à cette menace qui ne cesse de grandir, il est clair qu'une nouvelle approche est nécessaire", a plaidé M. Tillerson, réitérant la promesse de Washington de soutenir ses alliés japonais et sud-coréen en cas d'attaque.

Depuis sa victoire aux élections, M. Trump a rencontré à deux reprises le Premier ministre japonais Shinzo Abe et a pris soin de promettre le soutien total de Washington.

Le Nord veut mettre au point un missile intercontinental balistique (ICBM) capable de porter le feu nucléaire sur le continent américain. Donald Trump a promis que cela ne se produirait pas mais la Chine est peut être le dernier pays à pouvoir influencer le régime hermétique de Kim Jong-Un.

"Nous pensons qu'ils ont un rôle très important à jouer", a déclaré M. Tillerson au sujet de Pékin. "Nous allons parler avec la Chine d'autres mesures qu'ils devraient entreprendre".

Défi chinois

Pékin s'inquiète comme Washington du programme nucléaire de son voisin mais estime que les Etats-Unis ont joué un rôle dans l'escalade des tensions.

Handout (US FORCES KOREA/AFP)

La situation est compliquée par le déploiement en Corée du Sud de Thaad, système antimissile sophistiqué américain.

Séoul comme Washington assure que ce déploiement a des visées purement défensives face aux menaces nord-coréennes.

Mais Pékin considère que Thaad et son puissant radar sont susceptibles de réduire l'efficacité de ses propres systèmes de missiles. La Chine a réagi avec fureur, imposant une série de mesures perçues à Séoul comme des représailles économiques.

Pékin a proposé que Séoul et Washington arrêtent leurs exercices militaires conjoints pour désamorcer les tensions. Le ministère chinois des Affaires étrangères a mis Washington au défi jeudi d'avancer "une meilleure proposition".

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