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Pratiques "nazies" : Erdogan a "dépassé une limite" (Berlin)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et la Chancelière allemande Angela Merkel, le 2 février 2017 à Ankara
ADEM ALTAN (AFP/Archives)
Erdogan avait déjà assimilé à des "pratiques nazies" l'annulation de meetings de ses soutiens en Allemagne

Le chef de la diplomatie allemande a déclaré avoir dit dimanche à son homologue turc que son président avait "dépassé une limite" en accusant Angela Merkel personnellement de "pratiques nazies".

"Nous sommes tolérants mais nous ne sommes pas des imbéciles", a déclaré Sigmar Gabriel au quotidien allemand Passauer Neue Presse à paraître lundi, "c'est la raison pour laquelle j'ai fait savoir très clairement à mon homologue turc (Mevlut Cavusoglu, ndlr) qu'une limite avait été ici franchie" suite aux propos "choquants" de Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s'en est pris personnellement dimanche à la chancelière allemande Angela Merkel, l'accusant de "pratiques nazies", en référence à l'interdiction de meetings électoraux en faveur du oui au référendum turc du 16 avril.

"Tu a recours en ce moment à des pratiques nazies", a lancé M. Erdogan à Mme Merkel dans un discours télévisé. "Contre qui? Mes frères citoyens turcs en Allemagne et les ministres frères" qui ont tenté de se rendre en Allemagne il y a deux semaines pour faire campagne en faveur de l'extension des pouvoirs présidentiels en Turquie.

Erdogan avait assimilé au début du mois à des "pratiques nazies" l'annulation de meetings de ses soutiens en Allemagne.

"Vos pratiques ne sont pas différentes de celles des nazis", avait déclaré M. Erdogan à Istanbul lors d'un meeting de femmes en faveur du référendum sur l'extension de ses pouvoirs. "Je pensais que l'Allemagne avait renoncé depuis longtemps (à ces pratiques). Nous nous étions trompés".

"Vous nous faites des leçons de démocratie puis vous empêchez les ministres de ce pays de s'exprimer là-bas", a-t-il également déploré.

Les relations entre Ankara et Berlin se sont nettement tendues après l'annulation en Allemagne de meetings de soutien au référendum du 16 avril sur l'extension des pouvoirs du président Erdogan.

La Turquie avait réagi très violemment, accusant l'Allemagne d’œuvrer pour une victoire du non à ce référendum.

Pour sa défense, la chancelière Angela Merkel avait expliqué que la décision d'autoriser ou non ces meetings ne relevait pas de l'Etat fédéral, mais des compétences des communes.

L'Allemagne compte la plus forte communauté de la diaspora turque dans le monde, soit trois millions de personnes, fortement courtisée par les différents partis avant chaque scrutin majeur en Turquie.

(avec agence)

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