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Un proche de Le Pen accusé de toujours exprimer des positions antisémites

Frédéric Chatillon
Facebook/Frédéric Chatillon
Un ex-gudard décrit des actions du Gud, dirigé à l'époque par Chatillon, "contre des intérêts juifs"

Nouvelle polémique au Front national. A moins d'un mois du premier tour de la présidentielle, Marine Le Pen est rattrapée par le passé obscur de certains de ses proches, qui vient saper l'entreprise de dédiabolisation du parti.

Le Canard Enchaîné a révélé la semaine dernière que le FN salarie Frédéric Chatillon, ex-patron du Gud accusé d'exprimer encore récemment des positions antisémites.

M. Chatillon, ami de Marine Le Pen, est salarié dans la campagne FN, chargé de la coordination des imprimés et du web pour 2.550 euros brut mensuels, a indiqué l'hebdomadaire satirique.

Dans un message publié sur Facebook, le journaliste Frédéric Haziza, qui avait été poursuivi par Chatillon, diffuse un témoignage d'un proche du membre du FN qui décrit un individu rongé "par la haine maladive du juif" participant à des "soirées-hommage" à Hitler.

L'ex-gudard, à l'origine du témoignage, décrit aussi des actions du Gud, dirigé à l'époque par Chatillon, "contre des intérêts juifs".

Chatillon est considéré par la justice comme le personnage central du système organisé par le FN depuis 2011 pour ses campagnes électorales, ce qui lui vaut, dans deux enquêtes distinctes, un renvoi en correctionnelle et une mise en examen.

Interrogé sur Franceinfo la semaine dernière sur le "passé politique" de M. Chatillon, Florian Philippot, vice-président du FN, a estimé que "tout le monde pouvait évoluer dans sa vie" et qu'il existait des "gentils" et "méchants" Gud, en référence à Anne Méaux, responsable de la communication de François Fillon.

Au début des années 1970, "elle était au Gud, elle, y'a pas de problème", a-t-il souligné.

"Soit tout le monde est un grand méchant; soit on estime que tout le monde peut évoluer dans sa vie… qu'on a pas forcément les mêmes engagements qu'à 20 ans", a insisté le bras droit de Marine Le Pen.

Le Groupe union défense, plus connu sous l'acronyme Gud, est une organisation étudiante française d'extrême droite réputée pour ses actions violentes, et très active dans les années 1970.

Dans un livre récent, "Marine est au courant de tout" (Flammarion), relayé par un Envoyé Spécial sur France 2, de nouveaux témoignages accusent M. Chatillon d'antisémitisme, voire de vouer une admiration pour le nazisme.

Un de ces témoins, l'eurodéputé ex-FN Aymeric Chauprade, a confirmé ces accusations, évoquant "l'antisémitisme viscéral" de M. Chatillon ou d'Axel Loustau, l'une des trois personnes chargées des finances de la campagne de Marine Le Pen et un conseiller régional FN en Île-de-France.

ALAIN JOCARD (AFP)

Un autre élu FN en rupture avec le parti a également déclaré la semaine dernière sous couvert d'anonymat qu'ils étaient "toujours néo-nazis".

M. Chatillon et Loustau ont vigoureusement démenti ces accusations. "Je n'ai jamais tenu le moindre propos raciste ou antisémite. Voilà la seule vérité!", a soutenu Axel Loustau, trésorier de Jeanne, le micro-parti de Marine Le Pen et conseiller régional FN francilien.

Le FN mise sur les ralliements prochains de Philippe de Villiers, fondateur du Mouvement pour la France, et du député LR Henri Guaino, ont par ailleurs annoncé mardi Louis Aliot et Gilbert Collard.

M. de Villiers "a donné des signes de sympathie par rapport à Marine et par rapport à la campagne présidentielle qu'elle mène", a répondu M. Aliot, député européen FN, interrogé sur LCI. "Il fait partie de la famille souverainiste. Je souhaite qu'il apporte son soutien à Marine Le Pen", a-t-il dit.

Le Front national, qui avait obtenu sous la direction de Jean-Marie Le Pen 16,86 % des voix au premier tour des élections présidentielles de 2002, a su avec Marine Le Pen donner une nouvelle image au parti.

Interrogé dimanche sur i24NEWS au sujet des risques de l'extrémisme en France et plus particulièrement sur la montée de la candidate d'extrême droite dans les sondages, Bernard Henri-Lévy s'est dit en "colère contre la résignation" de ceux qui en 2002 voyaient le passage de Le Pen au deuxième tour comme un "séisme" alors que cela est devenu pour eux une "évidence" en 2017.

(Avec agence)

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