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Syrie: Trump exclut d'envoyer des troupes, vote attendu du Conseil de sécurité

Donald Trump à la Maison Blanche à Washington, le 11 avril 2017
Brendan Smialowski (AFP)
Le Conseil de sécurité doit voter mercredi sur un projet de résolution, la Russie devrait utiliser son veto

Le président américain Donald Trump a déclaré qu'il n'avait aucune intention de s'immiscer dans le régime de Bashar al Assad et a, dans le même temps, donné les motivations de l'attaque américaine sur un aéroport militaire du régime syrien, dans une interview accordée mercredi à Fox Business.

"Nous n'irons pas en Syrie. Mais... ce que j'ai fait aurait dû être fait par l'administration Obama bien avant que je ne le fasse," a expliqué Trump.

"Notre grande mission est de se débarrasser de l'Etat islamique", a-t-il poursuivi, "ça a toujours été le cas. Mais quand vous voyez des enfants s'étouffer (...) Et vous savez... que c'est fini pour eux (...) Lorsque vous voyez cela, j'ai immédiatement appelé le Général Mattis. J'ai dit, que pouvons-nous faire?", a-t-il conclu.

STRINGER (AFP)

Les propos de Trump interviennent alors que le Conseil de sécurité des Nations unies doit voter mercredi sur un projet de résolution demandant la coopération du régime syrien dans une enquête sur l'attaque chimique qu'il est accusé d'avoir menée sur une localité rebelle le 4 avril, ont indiqué mardi soir des diplomates américains.

Le vote est prévu à 19H00 GMT mais, selon des diplomates, la Russie devrait utiliser son droit de veto.

Ce serait alors la huitième fois que Moscou, où se trouve actuellement le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, se sert de cette prérogative au Conseil de sécurité pour bloquer une action onusienne à l'encontre de son allié syrien.

Le Royaume-Uni, la France et les Etats-Unis ont présenté plus tôt mardi au Conseil un nouveau projet de résolution demandant une enquête sur cette attaque, malgré l'échec de négociations la semaine dernière.

Evan SCHNEIDER (UNITED NATIONS/AFP/Archives)

Ce projet de résolution exige "une coopération complète dans l'enquête" sur l'attaque qui a eu lieu dans la localité de Khan Cheikhoun (nord-ouest), en zone rebelle et djihadiste, avait indiqué en milieu de journée l'ambassadeur britannique Matthew Rycroft sur Twitter.

Le Conseil de sécurité avait examiné la semaine dernière trois projets de résolution sans jamais passer au vote, en réponse à l'attaque chimique imputée au régime du président syrien Bachar al-Assad. Cette attaque a fait au moins 87 morts, dont 31 enfants.

En représailles, les Etats-Unis ont mené dans la nuit du 6 au 7 avril une frappe de missiles Tomahawk sur une base aérienne de l'armée syrienne, à partir de laquelle l'attaque chimique aurait été lancée selon l'administration américaine.

"Nous ne pouvons pas abandonner et nous devons essayer, de bonne foi, le mieux possible, d'avoir un texte condamnant l'attaque, et demandant une enquête approfondie", a déclaré mardi l'ambassadeur français à l'ONU François Delattre, à des journalistes.

Omar haj kadour (AFP)

Les Occidentaux ont accusé les forces du président Bachar al-Assad d'avoir mené cette attaque, le 4 avril, qui a fait au moins 87 morts, dont 31 enfants.

"Il est très important qu'il y ait une enquête complète afin que tout le monde sache, que le monde entier sache, comment ces horribles attaques chimiques se sont produites et d'où elles viennent", a ajouté François Delattre.

Le président russe Vladimir Poutine a également appelé à une enquête approfondie par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) tout en suggérant que le président syrien était la cible de fausses accusations.

Le ministre turc de la Santé a confirmé que les examens post-mortem des victimes montraient qu'elles avaient été exposées à du gaz sarin, un puissant agent neurotoxique.

(avec agence)

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