La Russie met son 8e veto à une résolution de l'ONU sur la Syrie

Le ministre des affaires étranngères russe, Serguei Lavrov, lors d'une session du Conseil de sécurité de l'ONU le 24 septembre 2014 à New York
SPENCER PLATT (GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives)
L'envoyé spécial des Nations unies en Syrie a exhorté les USA et la Russie à s'entendre sur une voie à suivre

La Russie a posé mercredi son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité demandant une enquête internationale sur l'attaque chimique de Khan Cheikhoun imputée au régime de Bachar al-Assad.

Il s'agit du huitième veto de la Russie au Conseil de sécurité visant à protéger son allié syrien.

Parmi les quinze membres du Conseil, la Bolivie a voté contre cette résolution, dix ont voté pour et trois se sont abstenus (Chine, Kazakhstan, Ethiopie).

Suite au veto, le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson s'est dit "consterné" ajoutant que "la Russie a choisi le mauvais camp" tandis que le président français Hollande a déclaré que "la Russie prend une lourde responsabilité".

Plus tôt dans la journée, les Etats-Unis ont déclaré être "prêts à contribuer à mettre fin à ce conflit", a affirmé l'ambassadrice américaine à l'ONU Nikki Haley, avant le vote du Conseil de sécurité sur la Syrie.

"Nous sommes prêts à mettre tout notre poids et nos ressources derrière la diplomatie. Nous sommes prêts à contribuer à mettre fin à ce conflit", a dit Mme Haley.

"Les Etats-Unis croient fermement qu'un processus politique peut fonctionner, malgré les désaccords", a-t-elle ajouté.

Le Conseil de sécurité était réuni avant le vote sur un projet de résolution demandant la coopération du gouvernement syrien dans l'enquête sur l'attaque chimique présumée survenue à Khan Cheikhoun la semaine passée, qui a fait au moins 87 morts, dont 31 enfants.

Les Etats-Unis ont clairement pointé du doigt le régime syrien pour cette attaque chimique présumée, et ont lancé une frappe punitive contre une base aérienne syrienne en fin de semaine passée.

Mercredi, le Royaume-Uni a dit être arrivé aux mêmes conclusions que les Etats-Unis. Des scientifiques britanniques qui ont analysé des échantillons du site de l'attaque ont conclu à l'usage de sarin ou d'un agent neurotoxique similaire, selon l'ambassadeur du Royaume-Uni à l'ONU.

"Pour cette raison, le Royaume-Uni partage les conclusions des Etats-Unis, qu'il est fortement probable que ce soit le régime (de Bachar al-Assad) qui est responsable de l'attaque contre Khan Cheikhoun le 4 avril", a déclaré Matthew Rycroft devant le Conseil de sécurité de l'ONU.

L'ambassadeur russe Vladimir Safronkov a fait part de ses doutes sur les arguments britanniques, se disant "abasourdi par ces conclusions".

"Personne n'a encore visité le site" de l'attaque chimique présumée. "Comment pouvez-vous savoir cela ?", a-t-il demandé.

L'envoyé spécial des Nations unies en Syrie a exhorté les Etats-Unis et la Russie à s'entendre sur une voie à suivre pour mettre fin à la guerre et pour préparer le terrain à une "véritable négociation".

Commentaires

(1)
Peace60

Du sarin ou du gaz moutarde oui mais qui a prouvé si il vient d'un avions syrien ou d'un entrepôt d'armement rebelle soutenue par les USA qui a été bombarde ???

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