Experts de l'OIAC: l'attaque chimique en Syrie est "une allégation crédible"

Le siège de l'OIAC à La Haye, le 31 août 2013
Guus Schoonewille (AFP/Archives)
Les experts ont analysé les informations disponibles et dressé des "évaluations préliminaires"

L'attaque chimique présumée menée le 4 avril à Khan Cheikhoun, au nord-ouest de la Syrie, est "une allégation crédible" selon les évaluations préliminaires des experts de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC).

Les experts de l'OIAC ont analysé les informations disponibles et dressé des "évaluations préliminaires selon lesquelles ceci est une allégation crédible", a annoncé jeudi l'OIAC dans un communiqué.

Cette attaque chimique présumée dans un fief rebelle et jihadiste a causé la mort de 87 civils, dont 31 enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Au lendemain d'un veto de Moscou contre un projet de résolution du Conseil de sécurité demandant une enquête internationale sur cette attaque, l'agence de l'ONU a convoqué une réunion de son Conseil exécutif pour discuter de ces allégations.

Concentrant leur travail sur l'incident de Khan Cheikhoun, les experts ont "collecté des échantillons, qui ont été envoyés aux laboratoires désignés de l'OIAC pour analyse", a exposé jeudi le directeur général de l'OIAC devant le conseil de 41 Etats.

Ils analysent actuellement toutes les informations rassemblées en provenance de différentes sources, a ajouté le directeur Ahmet Üzümcü, réitérant son appel aux Etats membres de l'OIAC qui le peuvent de partager toute information pertinente dès à présent.

La mission devrait "achever son travail dans deux à trois semaines", a-t-il affirmé.

"Nos experts sont entièrement conscients de l'importance de la tâche qu'ils doivent remplir et je suis confiant dans le fait qu'ils le feront de manière professionnelle et impartiale, en faisant usage de tous les moyens techniques disponibles", a-t-il déclaré, cité dans le communiqué.

La réunion a été suspendue et le Conseil exécutif "a décidé de se réunir à nouveau la semaine prochaine pour continuer les discussions sur l'incident présumé", a précisé l'OIAC.

Le président syrien Bachar al-Assad a accusé les Occidentaux d'avoir "monté toute l'histoire" de cette attaque pour préparer, selon lui, le terrain à des frappes américaines contre son armée. Il s'est dit pour une enquête "impartiale".

Il a assuré que son régime ne possédait plus d'armes chimiques depuis leur destruction en septembre 2013, supervisée par l'OIAC.

L'organisation, prix Nobel de la Paix en 2013, a supervisé la destruction de 95% du stock mondial d'armes chimiques depuis sa création en 1997.

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