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Le chef du Pentagone à Ryad pour renforcer l'alliance américano-saoudienne

Saudi Armed Forces Chief of Joint Staff General Abdul Rahman al-Banyan welcomes US Defence Secretary Jim Mattis to Riyadh on April 18, 2017
JONATHAN ERNST (POOL/AFP)
L'entretien a porté sur "les relations d'amitié stratégiques" entre les deux pays

Le secrétaire américain à la Défense Jim Mattis a rencontré mercredi à Ryad les dirigeants saoudiens pour revigorer l'alliance américano-saoudienne face à l'Iran et ses activités "déstabilisatrices" au Moyen-Orient.

Le roi Salmane d'Arabie saoudite a accueilli le chef du Pentagone peu après 09h00 GMT dans son palais d'Al Yamama à Ryad, en présence du prince héritier Mohammed ben Nayef et du ministre des Affaires étrangères saoudien Adel al-Jubeir.

L'entretien a porté sur "les relations d'amitié stratégiques" entre les deux pays, "notamment dans le domaine de la défense", ainsi que sur la conjoncture régionale et internationale, selon l'agence officielle Spa.

Mattis doit rencontrer dans l'après-midi le puissant vice-prince héritier Mohammed ben Salmane, déjà reçu par Donald Trump il y a un mois à Washington. 

Jim Mattis est venu à Ryad avec la volonté de "revigorer" l'alliance américano-saoudienne, a expliqué mardi un responsable américain de la Défense. 

L'Arabie saoudite s'était sentie marginalisée pendant la négociation de l'accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet 2015 par l'administration de Barack Obama, a-t-il expliqué.

JONATHAN ERNST (POOL/AFP)

Mattis veut "écouter" les responsables saoudiens et leur demander "ce dont ils ont réellement besoin", a poursuivi ce responsable.   

Les dirigeants saoudiens s'inquiètent de voir l'Iran s'immiscer dans les pays arabes, utilisant les communautés chiites pour avancer ses pions, comme à Bahreïn, ou au Liban. 

Ou au Yémen, pays déchiré par une guerre civile meurtrière entre les rebelles Houthis, accusés de liens avec l'Iran, et les forces pro-gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite.

Les Saoudiens trouvent une oreille désormais plus favorable à Washington avec l'administration Trump, qui ne cesse de dénoncer "l'influence néfaste" de l'Iran au Moyen-Orient.

Elle a notamment imposé de nouvelles sanctions à Téhéran après des essais de missiles balistiques en février.

L'Iran a pour objectif de devenir "le pouvoir prédominant" au Moyen-Orient, avait ajouté le général Joseph Votel, le chef du commandement des forces américaines au Moyen-Orient. 

Les responsables du Pentagone sont cependant restés pour l'instant très prudents sur ce qu'ils pourraient faire en faveur de l'Arabie saoudite.

L'administration Trump pourrait par exemple lever le gel d'une livraison de bombes à guidage de précision à l'Arabie saoudite, décidé par l'administration Obama en décembre, en raison du nombre élevé de victimes civiles au Yémen. 

Mandel NGAN (AFP/Archives)

De même, l'administration Trump pourrait décider de renforcer le soutien apporté à la coalition arabe au Yémen, même si l'objectif principal de Washington reste d'obtenir des négociations de paix parrainées par l'ONU "le plus vite possible", selon l'expression de Jim Mattis. 

Si l'administration américaine veut "écouter" le gouvernement saoudien, elle aimerait également que celui-ci augmente sa participation à la campagne contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) en Irak et Syrie.

L'Arabie saoudite pourrait par exemple participer avec plus d'opérations aériennes, ou augmenter son effort d'aide humanitaire, a indiqué le responsable américain de la Défense.

La guerre contre l'EI reste "la priorité numéro 1" des militaires américains, a-t-il rappelé.

Mattis évoquera certainement aussi avec les responsables saoudiens les intentions de l'administration Trump sur la Syrie. Pour la première fois en six ans, l'armée américaine y est intervenue directement contre le régime de Bachar al-Assad en bombardant une base aérienne syrienne. Cette frappe a été applaudie par les dirigeants saoudiens.

Après sa visite en Arabie saoudite, M. Mattis se rend jeudi en Egypte puis vendredi en Israël, où il rencontrera le Premier ministre Benyamin Netanyahou et son homologue Avigdor Lieberman, avant de se rendre au Qatar samedi.

Certains experts conservateurs américains estiment que les Etats-Unis doivent travailler à la constitution d'un front commun contre l'Iran entre Israël et les pétromonarchies du Golfe qui, pour l'instant, n'ont pas de relations diplomatiques avec l'Etat hébreu.

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