Attaque chimique en Syrie: Moscou et Téhéran proposent une nouvelle enquête

Le président iranien Hassan Rohani et son homologue russe Vladimir Poutine, lors d'une rencontre à Téhéran, le 23 novembre 2015.
ATTA KENARE / AFP
La Russie réclame une nouvelle "investigation approfondie et minutieuse"

Moscou et Téhéran, deux alliés du régime syrien, proposent de mettre en place une nouvelle équipe chargée d'enquêter sur l'attaque chimique présumée en Syrie début avril, sur laquelle l'Organisation internationale pour l'interdiction des armes chimiques doit voter jeudi, a appris l'AFP de sources proches de l'OIAC.

Un projet de texte appelle à une investigation "pour établir si des armes chimiques ont été utilisées à Khan Cheikhoun et comment elles ont été livrées sur le site de l'incident présumé", alors qu'une enquête est pourtant déjà en cours.

Cette proposition russo-iranienne demande également aux enquêteurs de se rendre sur la base aérienne de Shayrat, frappée par les Etats-Unis en réponse à l'attaque chimique présumée du 4 avril, pour "vérifier les allégations concernant le stockage d'armes chimiques" à cet endroit.

Cette initiative russo-iranienne intervient après une annonce de l'OIAC mercredi faisant état de preuves "irréfutables" sur l'utilisation de gaz sarin ou d'une substance similaire lors de l'attaque qui a fait 87 morts, dont 31 enfants.

Omar haj kadour (AFP)

Le régime syrien est accusé d'avoir mené le raid aérien qui a frappé cette petite ville dans la province d'Idleb (nord-ouest). Mais Moscou, proche allié du président Bachar al-Assad, continue d'écarter la mission d'enquête actuelle de l'OIAC, réclamant une nouvelle "investigation approfondie et minutieuse".

La mission d'enquête actuelle "(mérite) notre confiance. Nous ne voyons pas dès lors la nécessité de mettre en place une nouvelle structure", a indiqué le représentant belge auprès de l'OIAC lors d'une réunion mercredi.

Le projet de texte russo-iranien invite également les Etats membres à "fournir des experts nationaux pour participer à l'investigation".

Une telle décision irait à l'encontre de la Convention sur l'interdiction des armes chimiques "étant donné qu'il est du rôle même de l'OIAC de mener indépendamment toute investigation", a souligné auprès de l'AFP une source proche des discussions.

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