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Macron en Algérie pour "une nouvelle relation" apurée du passé

France's President Emmanuel Macron will stress that he wants a partnership of equals with Africa, based on education and entrepreneurship.
LUDOVIC MARIN (AFP/File)
Il "bénéficie d'une très bonne image en Algérie", croit savoir l'Élysée

Emmanuel Macron effectue mercredi une visite sensible en Algérie, où il va réaffirmer "la relation particulière" entre Paris et Alger tout en essayant de dépasser les contentieux de la colonisation, comme il l'a fait la semaine dernière en Afrique.

Cette "visite d'amitié et de travail", et non "d'État", durera une douzaine d'heures et sera marquée par une rencontre avec le président Abdelaziz Bouteflika, 80 ans, dans sa résidence médicalisée de Zéralda, dans la banlieue ouest d'Alger.

Affaibli par les séquelles d'un AVC survenu en 2013, qui a affecté sa mobilité et son élocution, le président Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, reçoit peu de dignitaires étrangers.

Comme il en a l'habitude dans ses déplacements, Emmanuel Macron ira aussi à la rencontre de la population lors d'une "déambulation" dans le centre d'Alger.

Il "bénéficie d'une très bonne image en Algérie", croit savoir l'Élysée, en précisant que le chef de l'État s'y est rendu à plusieurs reprises lorsqu'il était ministre de l'Économie.

"Les visites en Algérie des présidents français sont une tradition" en début de mandat et "y déroger paraît impensable" car "la symbolique continue de jouer un rôle important dans le rapprochement entre les deux pays", souligne Mansour Kedidir, chercheur algérien en sciences politiques.

La "réconciliation des mémoires"

La dernière visite de M. Macron à Alger, durant la campagne présidentielle, reste dans les mémoires puisqu'il y avait qualifié la colonisation française (1830-1962) de "crime contre l'Humanité".

Ces propos avaient été bien accueillis en Algérie mais fortement critiqués en France par la droite et l'extrême droite.

"La question de la mémoire" sera abordée lors de la visite, indique l'Élysée, mais "autant Paris qu'Alger avancent prudemment sur ce dossier", a résumé dimanche le quotidien algérien Liberté.

Benjamin Stora, historien spécialiste du Maghreb et professeur des universités, a d'ailleurs prôné sur i24NEWS la "réconciliation des mémoires", quelques jours avant la visite attendue d'Emmanuel Macron en Algérie.

Les Algériens attendent cependant un geste, comme celui du retour de crânes de résistants algériens tués dans les années 1850 qui sont conservés au Musée de l'Homme à Paris ou de celui d'un canon qui défendait le port d'Alger et trône à l'arsenal de Brest.

En 2012, la reconnaissance par François Hollande des "souffrances" infligées par "la colonisation française" avait permis de réchauffer les relations entre Paris et Alger, qui restent cependant compliquées et passionnelles.

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