Les oursins ont survécu à l'extinction de masse il y a 250 millions d'années (étude)

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L'oursin de feu de mer Rouge, Eilat, le 2 mai 2022
Dr. Omri BronsteinL'oursin de feu de mer Rouge, Eilat, le 2 mai 2022

"Une compréhension des espèces ayant survécu à une extinction nous aide à faire face à l'extinction actuelle"

Dans le cadre d'une étude internationale à grande échelle, avec la participation du biologiste marin Omri Bronstein de l'Université de Tel Aviv, des chercheurs ont appliqué de nouvelles approches afin de dater le développement évolutif des échinoïdes - animaux marins comptant notamment les oursins, les étoiles de mer, les holothuries et leurs parents proches. 

Les chercheurs ont combiné une analyse phylogénétique des génomes complets de 54 espèces différentes - dont 18 n'ont pas été cartographiées à ce jour - et une datation paléontologique à l'aide de fossiles d'oursins du monde entier. 

À la surprise des chercheurs, les résultats ont révélé que de nombreuses espèces sont apparues sur terre il y a environ 300 millions d'années, bien avant (environ 50 millions d'années) la date généralement acceptée par la science.

Les résultats ont conduit à la conclusion que plus d'espèces qu'on ne le pensait à l'origine ont survécu à l'événement d'extinction de masse qui a anéanti plus de 80% des espèces sur terre il y a 250 millions d'années. 

"Au-delà de l'intérêt scientifique évident, nous pensons qu'une compréhension approfondie des espèces ayant survécu à un événement d'extinction précédent peut nous aider à faire face à l'événement d'extinction actuel, qui dure depuis des décennies et est en grande partie causé par les humains", ont affirmé les chercheurs.

"Les échinoïdes sont importants sur le plan écologique, car ils constituent un acteur majeur du milieu marin, à toutes les profondeurs et dans toutes les zones de la planète, et leur disparition d'une zone particulière entraîne des changements extrêmes", a expliqué le Dr Omri Bronstein de l'École de zoologie de l'Université de Tel Aviv et du Musée d'histoire naturelle Steinhardt.

"Dans les années 1980, lorsque la population d'oursins des Caraïbes a été dévastée par la maladie, les algues qui les nourrissaient ont fortement augmenté, et leur croissance incontrôlée a entraîné la mort des récifs coralliens", a-t-il expliqué.

"Chez nous, la population d'échinoïdes du golfe d'Eilat a beaucoup diminué ces dernières décennies, alors qu'en revanche certaines espèces d'oursins de la mer Rouge ont migré pour s'établir par milliers sur les rives de la Méditerranée – deux phénomènes qui suscitent des inquiétudes quant à la perturbation de l'équilibre écologique de nos rivages", a-t-il noté.

"Nous avons par ailleurs développé une approche statistique multivariée appelée 'chronospace' pour aider à visualiser et à évaluer la consistance des estimations de la chronologie évolutive à différents choix du modèle d'horloge moléculaire sous-jacent", a souligné le Dr Bronstein.

"Pour l'avenir de la terre et celui des espèces qui y vivent, notamment les humains, il est crucial de poursuivre et d'élargir nos recherches sur l'histoire des créatures - en un mot : l'évolution", a-t-il conclu.

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