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Enquêtes en Israël: Netanyahou accuse la police de faire pression sur les témoins

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors d'une intervention devant des responsables américains à Jérusalem, le 21 février 2018
Thomas COEX (AFP)
Malgré les affaires, il souhaite terminer son mandat jusqu'en 2019

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a accusé la police de faire pression sur les témoins avec l'intention de le "salir", dans une vidéo publiée mercredi sur sa page Facebook.

Dans cette première réaction directe depuis l'annonce que son ancien conseiller Nir Hefetz allait témoigner contre lui, M. Netanyahou affirme que "la fabrication de témoins" contre lui est destinée à "le salir, même au prix de mensonges".

Le Premier ministre en visite à Washington avait appris que Nir Hefetz, l'un de ses hommes de confiance, avait signé avec les enquêteurs un accord lui conférant le statut dit de "témoin d'Etat".

AP Photo/Ariel Schalit

En échange, il bénéficierait de la mansuétude de la justice dans l'affaire dite Bezeq, du nom du plus important groupe israélien de télécommunications, ont rapporté les médias israéliens.

Nir Hefetz, ancien porte-parole de M. Netanyahu lui-même puis de sa famille jusqu'en 2017, ne serait pas jugé, n'irait pas en prison et ne paierait pas d'amende, ont indiqué les médias, qui ont présenté la nouvelle comme un possible tournant.

Nir Hefetz est le troisième proche ou ancien proche du Premier ministre à accepter de coopérer avec les enquêteurs dans différents dossiers, après Ari Harow, ancien directeur du bureau puis chef de cabinet de M. Netanyahou jusqu'en 2015, et Shlomo Filber, ex-directeur général du ministère des Communications jusqu'en 2017.

"Quand il y a quelque chose, pas besoin de ce genre de témoin et quand il n'y a rien même 1.000 témoins d'Etat n'aideront en rien", affirme M. Netanyahou.

"Ils vont continuer ce qu'ils font et moi je continuerai mon action historique pour le bien de l'Etat d'Israël", ajoute le Premier ministre.

M. Netanyahou a été questionné à huit reprises dans les au moins six dossiers en cours.

S'il n'a été formellement mis en cause dans aucun, la police a recommandé le 13 février son inculpation dans deux de ces dossiers.

Cette succession de coups durs remet en question l'avenir du Premier ministre, au pouvoir depuis bientôt 12 ans au total et sans rival apparent.

Même s'il était inculpé, M. Netanyahou ne serait pas légalement tenu de démissionner. L'enchaînement des mauvaises nouvelles a cependant suscité les spéculations sur la possibilité que le Premier ministre provoque des élections anticipées.

"Terminer son mandat"

Plus tôt ce mercredi, il a exprimé son espoir de voir sa coalition intacte mardi dans une interview accordée à l'Economic Club de Washington.

M. Netanyahou a abordé la crise relative à la conscription haredi (ultra-orthodoxe) et le budget de l'Etat de 2019 qui menacent de faire tomber son gouvernement.

"Ce que je souhaite, c'est pouvoir terminer le mandat de ce gouvernement en novembre 2019", a déclaré M. Netanyahou au journaliste économique David Rubenstein de Bloomberg, qui est le président du club.

"J'ai parlé à tous mes partenaires de la coalition. Si tous les partis sont d'accord, c'est ce que nous ferons, sinon nous ferons de nouvelles élections,"a-t-il affirmé.

Alors qu'il se rendait à New York, M. Netanyahou a ajouté qu'il ne souhaitait pas des élections anticipées, mais il le fera si les partenaires de la coalition n'acceptaient pas de s'entendre sur la question de la conscription haredi.

Les partenaires de la coalition ont également exprimé l'espoir que des solutions puissent être trouvées dans des déclarations publiques mercredi.

"Après les discussions intensives que j'ai menées avec tous les partenaires de la coalition, je suis convaincu que la crise de la loi sur la conscription est résolue", a déclaré le dirigeant de Shas, Arye Deri.

"Cela peut être résolu immédiatement, le public ne pardonnera pas à ceux qui conduiront Israël à des élections inutiles et briseront le gouvernement le plus à droite et le plus socio-économique qu'Israël ait jamais eu".

Le président de Habayit Yehudi (Foyer Juif), Naftali Bennett, a déclaré que la solution à la crise est presque "prête".

"Les chefs de tous les partis au sein du gouvernement veulent éviter d'être entraînés dans une élection qui gaspillerait des milliards de shekels de l'argent des citoyens", a-t-il ajouté.

(avec agence)

Commentaires

(4)

En Israël, la police joue aux pompiers pyromanes... Jusqu'à quand ce comportement insupportable et irrationnel ?????

Jusqu’à quand va-t-il rester au pouvoir ?

La police joue son rôle. Où et quand a-t-on vu un chef de gouvernement critiquer et salir sa police et sa justice ? Car si l’on suit Bibi, la police et la justice ne font pas leur travail. Que préconise t’il ? Un pays sans police et sans justice ou bien un pays dont les actes des dirigeants, aussi délictueux soient-ils ne devraient jamais être poursuivis ? Une justice à deux vitesses donc, implacable pour les faibles et inexistante pour le pouvoir en place. Est-on encore dans un pays démocratique si l’on ajoute une critique de la liberté de la presse à défaut de pouvoir l’acheter ?

On ne peut pas vous donner tort.. cela dit je n’ai rien entendu contre la justice, laquelle a, officiellement , défendu l’action de la police. L’indépendance de la police est remarquable quand on sait que les responsables des enquêtes contre Babi ont été nommés par lui même... C’est ce qu’on appelle le sens de l’Etat.

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