Quantcast i24NEWS - Taxes US: la France demande le "dialogue", Berlin dénonce le "protectionnisme"

Taxes US: la France demande le "dialogue", Berlin dénonce le "protectionnisme"

Donald Trump signant les taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux côtés de travailleurs du secteur à la Maison Blanche le 8 mars 2018
MANDEL NGAN (AFP)
"Nous ne pouvons pas être une menace pour la sécurité nationale des USA, donc nous comptons être exemptés"

Les principaux partenaires économiques des Etats-Unis critiquaient fortement vendredi l'imposition par Donald Trump de taxes sur les importations d'acier et d'aluminium aux Etats-Unis, pointant les risques d'une guerre commerciale aux conséquences imprévisibles. 

"Toutes les options restent sur la table", mais il est nécessaire de "poursuivre un dialogue d'allié à allié", a tweeté le secrétaire d'Etat français Jean-Baptiste Lemoyne, qui s'occupe des questions commerciales.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a pour sa part affirmé que "le dialogue" avec les Etats-Unis restait "la première option" pour l'UE.

Le président américain Donald Trump a signé jeudi soir deux documents imposant dans 15 jours des taxes de 25% sur les importations d'acier et de 10% sur celles d'aluminium.

Le Canada et le Mexique en seront exclus "pour le moment" et la Maison Blanche a précisé que tous les pays concernés pourraient entamer des discussions avec les Etats-Unis pour négocier, eux aussi, une éventuelle exemption.

"Nous ne pouvons pas être une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis, donc nous comptons être exemptés" des mesures annoncées, a réitéré Malmström.

Elle doit rencontrer samedi à Bruxelles le représentant au Commerce des Etats-Unis, Robert Lighthizer, avec le ministre japonais de l'Economie Hiroshige Seko, pour une réunion à la Commission européenne prévue de longue date dans le cadre des rencontres tripartites organisées depuis décembre 2017.

Aris Oikonomou (AFP)

Le sidérurgiste autrichien Voestalpine, un des leaders mondiaux des aciers nobles, a quant à lui annoncé vendredi qu'il allait "reconsidérer" ses investissements aux Etats-Unis.

La ministre allemande de l'Economie, Brigitte Zypries, a elle, dénoncé le "protectionnisme" de Donald Trump, qui a vivement attaqué son pays en matière commerciale et militaire. 

"C'est du protectionnisme, c'est un affront envers des partenaires étroits que sont l'UE et l'Allemagne et envers le libre échange", a-t-elle dénoncé.

"Trump barricade son pays contre l'avis de son parti, de nombreuses entreprises et des économistes", a-t-elle ajouté dans un communiqué, promettant "une réponse claire, équilibrée et coordonnée avec la Commission européenne".

Le président américain a pointé du doigt l'Allemagne sur la question des échanges commerciaux, liant ses critiques aux dépenses trop faibles à ses yeux de l'Allemagne en matière de défense au sein de l'Otan.

"Nous avons des amis et aussi des ennemis qui ont énormément profité de nous depuis des années sur le commerce et la défense", a-t-il déclaré. "Si on regarde l'Otan, l'Allemagne paie 1% et nous payons 4,2% d'un PIB beaucoup plus important. Ce n'est pas juste", a-t-il ajouté.

Berlin, comme les autres pays de l'Otan, s'est engagé à dépenser à l'horizon 2024 2% de son Produit intérieur brut pour les dépenses de défense, contre 1,2% actuellement. 

Mais la chancelière Angela Merkel a dû, pour convaincre les sociaux-démocrates de rejoindre son nouveau gouvernent après six mois d'impasse politique, ralentir l'augmentation prévue des dépenses militaires qui ne devraient atteindre que 1,5% du PIB en 2021.

Les critiques américaines en la matière ne sont pas nouvelles, mais depuis l'arrivée de Donald Trump elles sont devenues encore plus saillantes. Le président américain avait avant même son élection multiplié les attaques contre l'Allemagne, ses excédents commerciaux, Angela Merkel et sa politique généreuse de 2015-2016 d'accueil des migrants. 

(avec AFP)

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