Quantcast i24NEWS - A Rome, l'ONU va chercher des fonds urgents pour les réfugiés palestiniens

A Rome, l'ONU va chercher des fonds urgents pour les réfugiés palestiniens

A Palestinian refugee holds a placard at a school belonging to the United Nations Relief and Works Agency for Palestinian Refugees (UNRWA) in the town of Sebline in Lebanon, on March 12, 2018, during a protest against US aid cuts to the organisation.
Mahmoud ZAYYAT (AFP)
La communauté internationale se réunira jeudi en Italie pour discuter de l’avenir de l’UNRWA

Confrontée à une crise financière sans précédent selon son chef, Pierre Krahenbuhl, l’UNRWA n’a plus assez d'argent pour faire fonctionner ses écoles et services médicaux que jusqu'en mai.

Cet appel lancé en janvier par l'agence après le gel des fonds américains – de loin son principal bailleur de fonds - n'a trouvé qu'un faible écho international, et les diplomates ne cachent pas leur scepticisme quant aux chances d'un élan de solidarité majeur dans la capitale italienne cette semaine.

Plus de 500.000 enfants étudient dans les écoles de l'UNRWA qui fournit aussi des soins et des financements. L'agence emploie plus de 20.000 personnes au Proche-Orient, des Palestiniens dans une vaste majorité, et aujourd’hui l’inquiétude est répandue quant à l'avenir de l'agence elle-même, alors que Donald Trump a annoncé le gel de dizaines de millions de dollars d’aide.

Une unique promesse de don, venant du Koweït

L'administration Trump a invoqué la nécessité de réviser "en profondeur" le fonctionnement de l'UNRWA, demandant aussi que d'autres pays fassent plus.

Le président américain avait également dénoncé le fait que les Etats-Unis versent "des centaines de millions de dollars par an (aux Palestiniens) sans reconnaissance ou respect de leur part".

"Puisque les Palestiniens ne sont plus disposés à parler de paix, pourquoi devrions-nous leur verser des paiements massifs à l'avenir?", avait-il ajouté.


Cette décision s'inscrit dans une remise en cause générale des relations entre Washington et l'ONU, il ne s'agit pas de "punir qui que ce soit", a assuré le département d'Etat américain.

Mais pour les Palestiniens, il ne fait pas de doute que l'administration Trump leur fait payer le durcissement des relations américaines avec leur direction depuis le 6 décembre, date à laquelle le locataire de la Maison Blanche a annoncé la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme capitale d'Israël.

Leurs dirigeants gèlent depuis les contacts avec les officiels américains et ont boycotté en janvier la visite du vice-président Mike Pence lors de sa tournée au Proche-Orient.

Ils ont également snobé mardi une conférence à la Maison Blanche sur la situation humanitaire dans l’enclave palestinienne de la bande de Gaza ; une situation que Jason D. Greenblatt a dit "regretter" dans un communiqué, ajoutant que ce n’était pas une question de politique mais pour le bien de "la santé, la sécurité et le bonheur de la population gazaouïe et de tous les Palestiniens, Israéliens et Egyptiens".

AFP


En 2018, l'administration Trump n'a pour le moment alloué que 60 millions de dollars à l’UNRWA alors que les Etats-Unis lui avaient versé 360 millions en 2017, soit près de 30% du financement total de l'agence.

Face à ce qu'il présente comme la pire crise financière de l'histoire de l'UNRWA, Pierre Krahenbuhl a lancé une vaste campagne intitulée "La dignité n'a pas de prix" avec l'objectif de lever environ un demi-milliard de billets verts, mais seul le Koweït a fait une promesse de 900.000 dollars.

Si des pays européens ont avancé des dons initialement prévus pour cet été, l'UNRWA n'a pas répondu à des demandes répétées de fournir un chiffre exact des fonds ainsi réunis.

"Partager la responsabilité de façon équitable"

Pierre Krahenbuhl minimise toutefois les inquiétudes devant l'inertie internationale: "Il faut beaucoup de dialogue sur des sujets comme celui-là, en particulier quand on voit l'ampleur du déficit à combler", 300 millions de dollars. "Il est tout à fait naturel de ne pas avoir un Etat qui accepte de combler un tel déficit", continue le chef de l’UNRWA.

La conférence de Rome, co-organisée par la Suède, l'Égypte et la Jordanie, cherche à ranimer l'élan de générosité, et des responsables de l'ONU disent compter sur les Européens, mais surtout sur les pays arabes du Golfe.

"Quand une agence dépend d'un seul donateur, c'est une vulnérabilité", a déclaré Olof Skoog, l'ambassadeur de Suède auprès des Nations unies.

"Il est raisonnable de partager la responsabilité de manière plus équitable, mais nous espérons que les États-Unis resteront engagés", a-t-il ajouté.

Donald Trump est supposé présenter à une date indéterminée un plan de paix entre Israéliens et Palestiniens, et, selon le même expert, tous les pays attendent de voir ce qu'il contiendra sur l'UNRWA.

Hugh Lovatt s'attend à ce que les Européens livrent à Rome "un effort concerté pour coincer les Américains et les convaincre de reconsidérer leur décision".

C’est David Satterfield, du Département d'Etat, qui devrait représenter les Etats-Unis à cette conférence.

(avec agence)

Commentaires

(2)

Bonne idée que cette réunion ;) Est ce qu’il y a des jetons de présence ??

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