Quantcast i24NEWS - La Russie et la Syrie n'ont pas permis l'accès de la mission de l'OIAC à Douma

La Russie et la Syrie n'ont pas permis l'accès de la mission de l'OIAC à Douma

Des enfants syriens soignés après une attaque chimique sur le village d'al-Shifuniyah dans la région de la Ghouta, le 25 février 2018
HAMZA AL-AJWEH (AFP/Archives)

La mission de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), sur place en Syrie pour enquêter sur l'attaque chimique présumée perpétrée à Douma, n'a pas eu l'accès au site, selon le Royaume-Uni.

"L'OIAC est arrivée samedi à Damas. La Russie et la Syrie n'ont pas encore autorisé l'accès à Douma", a déclaré lundi l'ambassade britannique à La Haye dans un tweet. Elle avait auparavant exhorté l'OIAC à "demander des comptes aux auteurs de l'attaque de Douma", sans quoi le monde risquerait "d'autres utilisations barbares d'armes chimiques, en Syrie et ailleurs".

L'attaque chimique présumée du 7 avril dans la ville, alors rebelle, de Douma continue de mobiliser les grandes puissances, Etats-Unis et Russie en tête, et la tension ne faiblit pas après les frappes occidentales de représailles menées samedi contre des sites militaires du régime de Bachar al-Assad.

Guus Schoonewille (AFP/Archives)

Ces raids d'une ampleur inédite, menés par Washington, Paris et Londres, sont intervenus malgré la présence en Syrie d'enquêteurs de l'OIAC, qui ont débuté dimanche leur mission dans le plus grand secret.

Ces experts, qui ont pour mandat d'enquêter sur l'utilisation éventuelle d'armes chimiques mais pas d'en identifier les auteurs, semblent ne pas encore avoir visité Douma, où l'attaque présumée a fait des dizaines de morts selon des secouristes.

Moscou, grand allié du régime, s'est engagé à "ne pas s'ingérer" dans le travail de la mission, officiellement invitée par les autorités de Damas qui nient toute responsabilité dans le drame de Douma.

Après les raids occidentaux, le ballet diplomatique a repris sur le dossier syrien, pays en proie depuis 2011 à une guerre dévastatrice qui a fait plus de 350.000 morts.

Une réunion d'urgence du conseil exécutif de l'OIAC a lieu au siège de l'organisation à La Haye, capitale des Pays-Bas. 

"La priorité" est de "donner les moyens au Secrétariat technique (de l'OIAC) d'achever le démantèlement du programme syrien", a assuré l'ambassadeur français Philippe Lalliot.

Par ailleurs, Américains, Français et Britanniques ont présenté à l'ONU un nouveau projet de résolution sur la Syrie qui devrait être discuté à partir de lundi.

Le texte inclut notamment la création d'un nouveau mécanisme d'enquête sur l'emploi d'armes chimiques.

HO (SANA/AFP)

Dans la capitale syrienne, fief du régime, des milliers de personnes ont envahi lundi la place des Omeyyades, fermée à la circulation pour l'occasion, brandissant drapeaux syriens et portraits du président Assad pour dénoncer les frappes occidentales.

Dans un pays ravagé par une guerre complexe, opposant de multiples belligérants soutenus par des grandes puissances aux intérêts divergents, ces frappes ne remettent pas en question l'équilibre des forces.

Le président français Emmanuel Macron s'est d'ailleurs montré conciliant après plusieurs jours de déclarations au ton menaçant. La France "n'a pas déclaré la guerre" à la Syrie de Bachar al-Assad, a-t-il assuré dimanche.

M. Poutine avait mis en garde dimanche les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni contre de nouvelles frappes en Syrie, qui entraîneraient "inévitablement le chaos" dans les relations internationales.

Les frappes de samedi ont d'ailleurs été dénoncées dans un tweet par l'ambassade de Russie à La Haye, faisant valoir qu'elles avaient pour but de "saper la crédibilité" de la mission d'enquête de l'OIAC.

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