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Attentat antisémite: l'Argentine réclame à la Russie l'arrestation d'un responsable iranien

Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême iranien, le 7 novembre 2017 lors d'un déplacement à Alep, dans le nord de la Syrie
George OURFALIAN (AFP/Archives)

Un juge fédéral argentin a réclamé mercredi auprès des autorités russes l'arrestation d'un conseiller du guide suprême iranien soupçonné d'être lié à l'attentat meurtrier perpétré contre un centre communautaire juif à Buenos Aires en 1994.

Ali Akbar Velayati, conseiller pour les affaires internationales auprès de l'ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la République islamique d'Iran, actuellement à Moscou où il a rencontré mercredi le président russe Vladimir Poutine, fait l'objet d'un mandat d'arrestation international depuis 2006.

Ministre des Affaires étrangères en 1994, il est soupçonné d'avoir ordonné une attaque à la voiture piégée le 18 juillet de la même année dans la capitale argentine contre un bâtiment abritant plusieurs associations juives, dont l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA), qui a causé la mort de 84 personnes, blessé 230 autres, et qui n'a jamais été revendiquée.

Vingt-quatre ans plus tard, aucun coupable n'a encore été arrêté pour cet attentat, le plus meurtrier de l'histoire du pays.

Le juge en charge de l'affaire, Rodolfo Canicoba Corral, avait déjà réclamé en 2016 aux autorités irakiennes l'arrestation de M. Velayati "afin de l'extrader, après avoir appris par la presse internationale que l'accusé s'est rendu à Bagdad".

En 2015, dans un entretien à la chaîne de télévision argentine C5N, Ali Akbar Velayati avait démenti les accusations visant son pays, les jugeant "infondées et fausses" et les qualifiant de "mensonge".

Les tribunaux argentins ont accusé en tout six autres officiels de haut rang du régime iranien d’être impliqués dans cet attentat à la bombe, notamment, Mohsen Rezaee (actuel secrétaire du "Conseil de discernement de l’intérêt du régime" et ancien commandant en chef des pasdaran), Ahmad Vahidi (ancien ministre de la Défense), Ali Fallahian (ancien ministre des Renseignements), Mohsen Rabbani (ancien attaché culturel à l’ambassade d’Iran en Argentine) et Ahmad-Reza Asghari (ancien secrétaire à l’ambassade d’Iran en Argentine).

L'affaire de l'Amia, dont l'enquête était au point mort depuis des années, est revenue sur le devant de la scène après que le procureur Alberto Nisman, chargé de l'enquête sur l'attentat, avait été retrouvé sans vie le 18 janvier 2015.

Sa mort avait eu un grand retentissement en Argentine puisque quatre jours plus tôt, le procureur avait accusé Cristina Kirchner, alors présidente, d'avoir fait entrave à l'enquête sur l'attentat et d'avoir couvert les Iraniens soupçonnés d'être responsables de l'attentat contre l'Amia.

La visite de Velayati à Moscou coïncide en outre avec celle du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, qui a également rencontré Poutine mercredi afin d'obtenir le retrait des forces iraniennes en Syrie.

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