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Un Tunisien, garde du corps présumé de Ben Laden, expulsé d'Allemagne

La police allemande dit avoir déjoué un attentat à la bome à la ricine
MICHELE TANTUSSI (AFP/Archives)

Un Tunisien, présenté comme étant un ancien garde du corps d'Oussama Ben Laden, a été expulsé d'Allemagne et remis vendredi à la Tunisie où il a été immédiatement arrêté, ont annoncé les officiels allemands et tunisiens.

L'homme, présenté comme Sami A. par les autorités allemandes et comme Sami Idoudi par la Tunisie, "a été reconduit ce matin en Tunisie et a été remis aux autorités tunisiennes", a indiqué la porte-parole du ministère allemand de l'Intérieur Annegret Korff, alors qu'il avait été interpellé fin juin en vue de son extradition.

"Il a été arrêté juste à son arrivée à Tunis", a déclaré de son côté Sofiene Sliti, porte-parole du pôle anti-terroriste tunisien.

Selon M. Sliti, il a suivi "des entraînements en Afghanistan et c'est (l'ancien) garde corps de Oussama ben Laden", tué en 2011 par les Américains.

Cette reconduite en Tunisie est intervenue bien qu'un tribunal de Gelsenkirchen, dans la Ruhr, ait ordonné jeudi soir en référé qu'il ne soit pas expulsé en attendant l'examen approfondi de son dossier.

Mais selon un porte-parole de la cour interrogé par l'agence allemande dpa, le tribunal n'a informé les services allemands d'immigration que vendredi matin par fax de cette décision.

Entre temps, l'homme âgé de 42 ans, et arrivé en Allemagne pour la première fois en 1997, avait déjà été renvoyé vers la Tunisie.

L'Office allemand des migrations avait levé fin juin une interdiction d'expulsion à son encontre, rendant ainsi son renvoi vers la Tunisie possible. Mais ce dernier avait déposé un recours en justice contre cette décision.   

Son expulsion a longtemps été bloquée par la justice allemande en raison des risques de torture qu'il encourait s'il venait à être remis aux autorités tunisiennes.

Marié et père de famille, cet homme vit depuis 2005 à Bochum, dans l'ancien bassin industriel de la Ruhr. En avril, il avait été classé comme personne dangereuse par les autorités régionales de Rhénanie du Nord-Westphalie.

En 2015, une cour de justice allemande avait jugé que Sami A. avait soutenu Al-Qaïda et participé à la fin des années 1990 à un entraînement militaire dans un camp de l'organisation en Afghanistan.

L'intéressé avait nié ces affirmations et réfuté avoir été le garde du corps d'Oussama ben Laden, assurant avoir suivi une formation religieuse au Pakistan durant cette période.

Un demandeur d'asile afghan avait été expulsé d'Allemagne l'an dernier avant d'y être ramené en raison d'une décision de justice interdisant son expulsion. Il a depuis obtenu le statut de réfugié. 

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