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Tunisie : une "régression politique vers l'autoritarisme" (politologue)
"Beaucoup de pans de la société qui s'étaient mobilisés pour faire changer les choses ont jeté l'éponge aujourd'hui"


L'autorité électorale en Tunisie a annoncé un taux de participation définitif de 11,4% au deuxième tour des législatives dimanche, un niveau historiquement faible dont le président Kais Saied a minimisé l'importance dans une vidéo diffusée lundi soir. A près de 90%, il s'agit de l'abstention la plus élevée depuis la Révolution de 2011 ayant renversé le dictateur Ben Ali et marqué l'avènement de la démocratie dans le pays. "Il faut interpréter ce taux différemment. 90% n'ont pas voté parce que le Parlement ne représente rien pour eux", a indiqué le président dans la vidéo, diffusée dans la soirée par la présidence.
"Ce taux d'abstention s'explique par la une situation socio-économique précaire et par une politique régressive", affirme Myriam Benraad, politologue spécialiste du monde arabe sur i24NEWS.
"Il s'agit d'un gouvernement à visage autoritaire à peine voilé car la nouvelle constitution tunisienne a connu un certain nombre d'amendements qui vont dans le sens d'une régression politique vers l'autoritarisme. Beaucoup de pans de la société qui s'étaient mobilisés pour faire changer les choses ont jeté l'éponge aujourd'hui".
Que ce soit dans un contexte régional ou international, la situation de Tunis est précaire et le gouvernement s'est servi de la question sécuritaire pour supprimer toute opposition politique "au nom de la sécurité nationale".
"L'opposition en Tunisie se retrouve morcelée et disparate et ne pourra faire face à la reforme constitutionnelle qui donne tous les pouvoirs à l'actuel président Kaïs Saïed. Dans ce contexte, aucun changement politique majeur ne peut être effectué à part dans la perspective d'un soulèvement d'envergure dans le pays", a-t-elle ajouté.