- i24NEWS
- International
- Afrique
- Reprise des combats en Ethiopie : une vingtaine d'Israéliens bloqués dans le nord du pays
Reprise des combats en Ethiopie : une vingtaine d'Israéliens bloqués dans le nord du pays
Selon les Israéliens sur place, aucun vol ne décolle ni n'atterrit à Lalibela, dont l'aéroport est désormais désert, tandis que la route menant à la capitale, Addis-Abeba, est jugée trop dangereuse


Une vingtaine d'Israéliens, ainsi qu'une trentaine d'autres ressortissants étrangers, se retrouvent bloqués dans la ville de Lalibela, dans la région Amhara du nord de l'Éthiopie, alors que le pays fait face à une reprise des combats faisant craindre une nouvelle guerre civile, a rapporté ce dimanche Kan News.
Selon les Israéliens sur place, aucun vol ne décolle ni n'atterrit à Lalibela, dont l'aéroport est désormais désert, tandis que la route menant à la capitale, Addis-Abeba, est jugée trop dangereuse en raison des combats, des milices armées, des bandits et de points de contrôle désorganisés. « Il n'y a pas de vols, les routes sont dangereuses ; nous avons besoin d'être secourus », ont-ils déclaré. Ils décrivent une situation encore relativement calme à l'intérieur de la ville, où ils peuvent circuler, se nourrir et dormir en sécurité, malgré des coupures d'électricité — palliées tant bien que mal grâce à des générateurs pour recharger leurs téléphones — et des réserves d'argent qui s'amenuisent. En périphérie, en revanche, des coups de feu et des explosions se font régulièrement entendre.
Le groupe comprend plusieurs personnes âgées, dont certaines pourraient avoir besoin de médicaments ou de soins médicaux non disponibles sur place si l'attente se prolonge. Les Israéliens affirment être en contact avec l'ambassade d'Israël, le ministère des Affaires étrangères et leurs compagnies d'assurance, sans qu'aucune solution d'évacuation sécurisée n'ait pour l'instant été trouvée. Ils appellent l'État d'Israël à agir rapidement pour organiser un couloir d'évacuation, aérien ou terrestre : « Pour l'instant, nous allons bien, mais nous ne savons pas combien de temps cette situation va durer. Nous craignons qu'ils ne nous secourent pas avant que la situation ne s'aggrave et que la ville ne soit coupée du monde. »
Dans un communiqué publié ce dimanche soir, le ministère des Affaires étrangères a annoncé suivre de près la situation des Israéliens séjournant dans les zones d'Éthiopie où la sécurité s'est dégradée. « Nous étudions les options de retrait avec les autorités locales et en fonction de l'évolution de la situation et des conditions de sécurité sur le terrain », a précisé le ministère. Deux jours avant l'apparition de cette crise, il avait déjà émis un avertissement aux Israéliens séjournant dans la région du Tigré, les appelant à limiter leurs déplacements, éviter les rassemblements et les zones à risque, et à suivre les consignes des autorités locales.
La dégradation de la situation dans le nord du pays fait suite à l'annonce d'une alliance entre sept groupes armés déterminés à renverser le gouvernement du Premier ministre Abiy Ahmed pour y instaurer une transition politique. Dans la région Amhara, où les Israéliens se trouvent bloqués, deux de ces groupes — le Front de libération du peuple du Tigré et la milice Fano — coordonnent leurs actions.
Ces affrontements ont éclaté après la rupture, la semaine dernière, de l'accord de Pretoria, signé en novembre 2022 pour mettre fin à la précédente guerre civile du Tigré. Ce conflit, qui avait duré environ deux ans à partir de novembre 2020, avait fait des centaines de milliers de morts et plongé une grande partie de la population dans la famine, laissant encore aujourd'hui environ 750 000 personnes déplacées dans la région.
Les combats en cours ont permis aux forces tigréennes de prendre le contrôle de l'aéroport de Mekele ainsi que d'autres infrastructures aéroportuaires régionales, poussant Ethiopian Airlines à suspendre ses vols vers ces zones. Selon les Israéliens sur place, les liaisons aériennes vers Lalibela, en Amhara, ont également été interrompues à mesure que les combats s'étendent.
Les personnes bloquées à Lalibela indiquent par ailleurs avoir connaissance d'un autre groupe d'une vingtaine d'Israéliens, parti la veille de la région du Tigré — partiellement privée d'électricité et de communications — mais qui se serait retrouvé bloqué en chemin. Leur localisation exacte et leur état demeurent, à ce stade, inconnus.