Quantcast i24NEWS - USA: le "shutdown" entre en vigueur en l'absence de compromis budgétaire

USA: le "shutdown" entre en vigueur en l'absence de compromis budgétaire

Le Capitole, le 19 janvier, où le Sénat a échoué à trouver un compromis pour éviter la fermeture partielle des services fédéraux
Aaron P. Bernstein (GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP)

Un an jour pour jour après l'élection de Donald Trump, les Etats-Unis sont entrés samedi dans une période de turbulences avec la fermeture partielle de l'administration fédérale après l'échec d'un vote crucial au Sénat.

Malgré d'intenses tractations ces derniers jours, la majorité républicaine, l'opposition démocrate et la Maison Blanche n'ont pas pu s'entendre sur un budget, même temporaire, qui aurait permis d'éviter ce "shutdown" entré en vigueur à 00H00 (05H00GMT).

Républicains et démocrates se sont rejetés immédiatement la responsabilité de cet échec, la Maison Blanche accusant les démocrates de prendre les citoyens américains "en otage".

"Ce soir, (les démocrates du Sénat) ont placé la politique au-dessus de notre sécurité nationale. (...) Nous ne négocierons pas sur le statut d'immigrants illégaux pendant que les démocrates prennent en otage les citoyens respectueux du droit avec leurs exigences irresponsables", a indiqué Sarah Sanders, porte-parole de Donald Trump.

Les républicains, majoritaires avec 51 sièges au Sénat, n'ont obtenu que 50 voix, loin des 60 voix (sur 100) nécessaire en faveur d'une extension pour quatre semaines, jusqu'au 16 février, du budget fédéral.

Il s'agit du premier "shutdown" depuis octobre 2013 --sous l'administration Obama-- qui avait duré 16 jours. Il se traduira par la mise au chômage technique sans paie de plus de 850.000 employés fédéraux considérés comme "non essentiel" au fonctionnement de l'administration.

Il était impossible de savoir combien de temps durerait cette nouvelle fermeture, les tractations entre les deux partis devant très vite reprendre. Mais les démocrates ont indiqué qu'ils n'accepteront de voter pour un texte de compromis que s'il pérennise la régularisation de 690.000 jeunes immigrés au statut précaire, les "Dreamers".

En attendant lundi

Les premiers effets du "shutdown" devraient se faire sentir lundi. Les activités de nombreuses agences fédérales, comme les services fiscaux, seront réduites mais les services de sécurité seront globalement épargnés. Les 1,4 million de militaires américains poursuivront leurs opérations mais sans être payés.

"Notre pays a été fondé par des génies mais il est dirigé par des idiots", a lancé le sénateur républicain de Louisiane John Kennedy, résumant d'un trait d'esprit l'ambiance générale.

"Les choses se présentent mal", avait estimé peu avant le scrutin Donald Trump, l'issue du vote ne faisant plus aucun doute malgré une journée d'intenses tractations. Le président, qui devait rejoindre sa luxueuse résidence en Floride, est finalement resté à Washington. Il ne s'est pas exprimé personellement après le vote.

Dans l'après-midi, M. Trump avait pourtant évoqué une "excellente réunion préliminaire" avec le chef des sénateurs démocrates Chuck Schumer, après une rencontre à la Maison Blanche, laissant espérer un accord de dernière minute.

MANDEL NGAN (AFP)

La Chambre des représentants, à forte majorité républicaine, avait approuvé jeudi soir cette extension provisoire du financement de l'Etat fédéral, qui prévoyait également de prolonger pour six ans le programme d'assurance santé destiné aux enfants pauvres (Chip), une demande des démocrates.

"Maintenant, on a besoin des démocrates pour que (la loi de financement) soit approuvée au Sénat, mais ils veulent l'immigration clandestine et des frontières faibles", avait tweeté dans la matinée Donald Trump, qui dénonçait ces derniers jours un parti selon lui engagé dans une obstruction systématique et stérile.

Au-delà d'un budget temporaire, la quatrième depuis septembre, la majorité républicaine souhaite adopter un budget 2018 définitif de plusieurs centaines de milliards de dollars qui dope notamment les dépenses militaires, une promesse de campagne de M. Trump qui estime les forces armées sous-équipées après plus de seize ans de guerre ininterrompue.

Les démocrates veulent la régularisation de 690.000 "Dreamers", arrivés clandestinement aux Etats-Unis quand ils étaient enfants et expulsables depuis l'abrogation par M. Trump du programme Daca datant de l'administration Obama qui leur offrait un statut de résident temporaire. Le président Trump a donné au Congrès jusqu'au 5 mars pour légiférer.

Qui paiera les dégâts ?

Le président républicain de la Chambre Paul Ryan, avait affirmé que "le peuple américain, en particulier les hommes et femmes en uniforme, méritent mieux qu'une fermeture du gouvernement".

"Des gens vont mourir", avait lancé le conseiller parlementaire de la Maison Blanche, Marc Short, blâmant des sénateurs démocrates "retranchés pour forcer une paralysie" alors que le texte sur les "Dreamers" n'est pas prêt.

Et au-delà du budget, les parlementaires pensent aux élections de mi-mandat en novembre.

Les démocrates estiment que les républicains qui ont tous les leviers du pouvoir --Maison Blanche, Chambre des représentants, Sénat-- seront tenus pour responsables de la paralysie et paieront le prix fort. Les républicains espèrent se servir du "shutdown" pour punir les sénateurs démocrates qui brigueront un nouveau mandat dans dix Etats remportés par Donald Trump à la présidentielle. Quatre d'entre eux, selon les médias, ont d'ailleurs voté avec les républicains vendredi soir.

Mais selon un sondage du Washington Post et d'ABC publié vendredi, 48% des Américains estiment que les républicains seraient responsables d'un éventuel blocage, contre 28% pour les démocrates.

Commentaires

(4)

Une nouvelle fois je vous remercie, mille fois, de supprimer mon commentaire cela prouve une et unique chose, je fais mouche à chaque fois et vous n'aimez pas être mis dans l'embarras à cause de votre parti pris et votre manque d'objectivité!

Merci d'avoir retiré mon commentaire qui ne contenait rien d'injurieux, de raciste ou de déplacé... Comment fonctionne la censure ??? Quels sont ses critères ?????

c est fort apres retire mon commentaire vous avez aussi retire la maniere dont vous agissez. .....ho surprise celui ci aussi a ete retire .....manquez vous d audace pour en arriver la je suis consterne par votre politique de censure

Veux qui ne comprennent pas que leurs commentaires soient retirés devraient remercier les modérateurs des médias en général. C’est grâce aux modérateurs que dans la presse en général on ne lit pas des horreurs de quelques psychotiques. En démocratie on a le droit de s’exprimer librement, mais ne pas inciter à la haine d’un groupe de personnes. Merci aux modérateurs

8Article précédentLes Etats-Unis confrontés aux "menaces croissantes" de Pékin et Moscou (Mattis)
8Article suivantTrump déplore un "shutdown" qui plombe son premier anniversaire au pouvoir