Quantcast i24NEWS - ONU/Jérusalem: l'abstention est une "décision cohérente et constante" avec la position argentine (Vice-présidente à i24NEWS)

ONU/Jérusalem: l'abstention est une "décision cohérente et constante" avec la position argentine (Vice-présidente à i24NEWS)

Vice-President Gabriela Michetti of Argentina addresses the United Nations General Assembly Wednesday, Sept. 20, 2017, at the United Nations headquarters.
AP Photo/Frank Franklin II
Une interview exclusive avec la vice-présidente argentine Gabriela Michetti

Les relations entre Israël et l'Argentine se sont nettement améliorées depuis l'arrivée au pouvoir du président Mauricio Macri en décembre 2015. Son ascension a entraîné des changements radicaux après 12 années consécutives au cours desquelles le pays a été dirigé par Nestor et Cristina Kirchner.

Pendant cette période, le pays s'est non seulement aligné avec les Etats populistes de gauche de la région, mais aussi avec l'ennemi principal d'Israël: la République islamique d'Iran. Cristina Kirchner, présidente de 2007 à 2015, est désormais menacée d'arrestation pour entrave à l'enquête au profit de l'Iran sur l'attentat contre un centre culturel juif en 1994 qui avait fait 85 morts.

La vice-présidente argentine, Gabriela Michetti, a effectué en janvier une visite officielle en Israël. Dans un entretien exclusif avec i24NEWS, la numéro deux du président Macri explique comment la nouvelle administration de Buenos Aires a rafraîchi la politique étrangère du pays, en particulier sa position envers Israël.

"Le fait que l'Argentine ait décidé d'ouvrir et de reprendre des relations avec les différents pays du monde, identifiant les pays qui pourraient devenir des partenaires stratégiques pour la croissance est quelque chose de très important", a déclaré Michetti, une ancienne sénatrice.

"Dans le passé, l'Argentine était fermée et entretenait des relations avec des pays qui ne peuvent être qualifiés d'amicaux avec le reste du monde: le Venezuela, l'Iran ou Cuba", a-t-elle rappelé.

AP Photo/ HO Argentina- Vice Presidency

La politique étrangère argentine a été mise à l'épreuve par la décision du président américain Donald Trump le 6 décembre de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël et le vote subséquent à l'Assemblée générale des Nations Unies rejetant l'initiative américaine.

L'Argentine s'est abstenue et la vice-présidente a détaillé les raisons de cette position.

"Ce que nous avons décidé est de continuer dans la ligne de la politique étrangère historique de l'Argentine qui est: tout par consensus aux Nations Unies", a expliqué Michetti à i24NEWS.

"Espérons que nous parviendrons à un consensus sur le fait qu'Israël et le peuple d'Israël sont fondamentalement satisfaits de la situation, mais évitent aussi de nouveaux problèmes. Ça se passera quand? Nous ne le savons pas", a-t-elle ajouté.

Selon Michetti, l'Argentine n'a pas l'intention de générer plus de controverse dans ses alliances étrangères: "Au contraire. Nous essayons de trouver des solutions communes".

Deux pour un tango

Au cours des trois dernières années, un nombre croissant de hauts responsables argentins se sont rendus en Israël, après avoir accueilli leurs homologues.

Cependant, l'apogée a été atteinte en septembre 2017, lorsque le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a effectué une visite officielle en Argentine, une première pour un chef de gouvernement israélien.

Plus tôt en 2016, Netanyahou et Macri s'étaient rencontrés au Forum économique mondial de Davos, une réunion saluée comme un nouveau départ des relations diplomatiques entre les deux pays.

Un certain nombre d'accords bilatéraux auraient été signés. La réunion a été suivie par une rencontre avec la ministre de la Défense Patricia Bullrich en novembre 2016 et la visite du ministre de la Justice German Garavano, qui s'est rendu en Israël un an plus tard.

Charly DIAZ AZCUE (ARGENTINA'S SENATE/AFP/File)

La visite de Netanyahou a eu des résultats concrets sur le terrain. L'abstention de l'Argentine lors du vote onusien contre la décision de Trump sur Jérusalem (bien que voter "contre" la résolution aurait été plus favorable aux relations entre les deux Etats) était aussi un message clair affirmant que le pays ne s'alignerait pas automatiquement sur un agenda ouvertement anti-israélien, et que Buenos Aires était prêt à absorber le prix politique de l'opinion publique locale, en grande partie hostile à Israël.

D'un autre côté, l'Argentine a raté l'occasion d'être le leader de ce processus à travers les pays d'Amérique latine et de faire partie de l'histoire en reconnaissant Jérusalem comme la capitale israélienne. Ce vide a été comblé par le Honduras et le Guatemala.

"L'Argentine a pris une décision cohérente et constante avec ses positions traditionnelles et pas seulement sur Israël aux Nations Unies", a déclaré Michetti.

"Cela signifie que lorsque vous devez prendre position sur des situations controversées, vous devez chercher un consensus et vous assurer que les décisions sont acceptées par tous, convaincus que nous sommes sur une voie plus proche de la paix que de la violence", a-t-elle conclu.

Damian Pachter est co-présentateur et correspondant en Amérique latine pour i24NEWS.

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