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Accord avec l’Iran : Marco Rubio confronté aux réticences des pays du Golfe
Le secrétaire d'Etat américain est également confronté aux divergences sucitées par l'accord au sein de l'administration américaine


Le secrétaire d’État américain Marco Rubio est confronté à une double difficulté alors que Washington tente de finaliser le mémorandum d’entente avec l’Iran. Selon plusieurs sources diplomatiques, les pays du Golfe expriment de fortes réserves sur le contenu de l’accord, tandis que des divergences apparaissent au sein même de l’administration américaine sur la gestion du dossier libanais.
En déplacement dans la région, Marco Rubio a notamment été confronté aux inquiétudes des dirigeants des Émirats arabes unis, qui redoutent que l’accord en cours de négociation ne permette à Téhéran de préserver une partie de ses capacités militaires et de son influence régionale.
Selon des informations relayées par plusieurs sources diplomatiques, Abou Dhabi refuse pour l’heure de débloquer les trois milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés sur son territoire, malgré les engagements pris dans le cadre des discussions menées sous médiation qatarie. L’accord prévoirait également le dégel de douze milliards de dollars détenus au Qatar.
Les autorités émiraties conditionneraient leur accord à plusieurs garanties. Elles réclament notamment une compensation pour les dommages économiques et matériels subis pendant le conflit avec l’Iran, ainsi qu’un engagement formel de Téhéran à ne plus menacer la navigation dans le détroit d’Ormuz ni s’en prendre à ses voisins du Golfe. Selon les mêmes sources, les Émirats souhaitent que ces engagements soient inscrits dans un texte bénéficiant d’un soutien international et assorti de mécanismes de sanction en cas de violation.
La mission de Rubio consiste précisément à rassurer les partenaires arabes de Washington quant aux implications de l’accord. Les États-Unis disposent d’importantes bases militaires dans plusieurs pays du Golfe et entretiennent avec eux des liens stratégiques, sécuritaires et économiques étroits. Les Émirats arabes unis et Bahreïn figurent notamment parmi les signataires des Accords d’Abraham.
Parallèlement à ces tensions régionales, une autre bataille se jouerait au sein de l’administration américaine. Selon plusieurs sources diplomatiques, Marco Rubio défend les négociations directes actuellement menées entre Israël et le Liban sous médiation américaine, tandis que le vice-président J. D. Vance soutiendrait la création d’un mécanisme de suivi associant l’Iran, le Qatar et le Pakistan pour superviser le cessez-le-feu au Liban.
Cette initiative suscite des réserves à Beyrouth, où plusieurs responsables libanais ont publiquement rejeté toute implication iranienne dans les discussions sur l’avenir du pays. Le président Joseph Aoun et le gouvernement libanais ont réaffirmé leur volonté de préserver la souveraineté du Liban dans les négociations en cours.
Selon les sources citées, le président Donald Trump pourrait être amené à arbitrer ce débat interne. Plusieurs diplomates estiment qu’il serait actuellement plus proche de la ligne défendue par Marco Rubio, alors que les discussions entre Israël et le Liban semblent progresser malgré les désaccords persistants sur la question du désarmement du Hezbollah.