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Francesca Albanese affirme que des Juifs déportés étaient appelés « les musulmans » dans les camps nazis
La rapporteuse spéciale de l’ONU a tenu ces propos lors d’un entretien consacré à l’antisémitisme, suscitant une controverse sur leur exactitude historique.


Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, a affirmé que des Juifs conduits vers les chambres à gaz pendant la Shoah étaient désignés comme « les musulmans » dans certains récits provenant des camps de concentration nazis.
Ces déclarations ont été prononcées lors d’un entretien publié en septembre par la Confédération latino-américaine et caribéenne des travailleurs de l’État. Elle y développait une réflexion plus générale sur l’origine du terme « antisémitisme », affirmant notamment que celui-ci aurait initialement concerné plus largement les populations « sémites » avant de devenir spécifiquement associé à la haine des Juifs.
Le terme auquel Francesca Albanese faisait référence est Muselmann, mot allemand signifiant littéralement « musulman ». Dans les camps nazis, notamment à Auschwitz, il était employé dans le jargon concentrationnaire pour désigner des détenus arrivés à un état extrême d’épuisement physique, de dénutrition et d’apathie. Son origine exacte reste incertaine. Il ne constituait cependant pas une catégorie raciale nazie assimilant les Juifs aux musulmans.
La rapporteuse de l’ONU a également affirmé que le mot « antisémitisme » avait initialement désigné une hostilité envers différentes populations originaires du Moyen-Orient. Cette interprétation est contestée sur le plan historique : le terme allemand Antisemitismus, popularisé à la fin du XIXe siècle, a été employé dès ses origines pour désigner spécifiquement une idéologie hostile aux Juifs.
Au cours du même entretien, Francesca Albanese a reconnu l’existence d’une haine visant spécifiquement les Juifs, qu’elle a qualifiée d’« extrêmement grave », tout en estimant qu’elle devait être distinguée des critiques formulées contre l’État d’Israël.
Ses déclarations interviennent alors que la rapporteuse spéciale fait régulièrement l’objet de controverses concernant ses prises de position sur Israël et l’antisémitisme. Plusieurs organisations et responsables l’ont accusée par le passé d’avoir recours à des formulations antisémites, accusations qu’elle rejette.