- i24NEWS
- International
- Francesca Albanese s’excuse après avoir affirmé que les Juifs étaient appelés « musulmans » dans les camps nazis
Francesca Albanese s’excuse après avoir affirmé que les Juifs étaient appelés « musulmans » dans les camps nazis
La rapporteuse spéciale de l’ONU a reconnu avoir mal interprété le terme « Muselmann » et l’origine du mot « antisémitisme »


Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens, a présenté ses excuses lundi après avoir affirmé à tort que les Juifs étaient appelés « les musulmans » dans les camps de concentration nazis.
Dans un entretien accordé à la Confédération latino-américaine et caribéenne des travailleurs de l’État, la diplomate avait tenté de démontrer que le terme « antisémitisme » désignait initialement une hostilité visant l’ensemble des peuples sémites et non spécifiquement les Juifs.
« Lorsqu’ils étaient conduits vers les chambres à gaz, certains récits sur la vie dans les camps de concentration indiquent que les Juifs étaient appelés “les musulmans” », avait-elle déclaré.
Francesca Albanese avait également affirmé que le terme « antisémitisme » visait à l’origine toute personne non européenne originaire du Moyen-Orient, avant de se cristalliser autour de la haine des Juifs.
Dans un message publié sur X, la responsable onusienne a reconnu avoir mal compris le terme allemand « Muselmann », littéralement « musulman ».
« J’ai mal interprété le terme “Muselmann”, utilisé dans les camps nazis pour désigner les détenus au seuil de la mort, et j’en ai déduit à tort que le mot antisémitisme désignait initialement la haine de tous les peuples sémites », a-t-elle écrit.
Elle a ensuite reconnu que le mot avait été créé spécifiquement pour désigner la haine des Juifs.
Le terme « antisémitisme » a été popularisé en 1879 par le journaliste allemand Wilhelm Marr afin de désigner les campagnes hostiles aux Juifs. Selon l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste, il a toujours fait référence, depuis son apparition, aux préjugés et à la haine visant les Juifs.
Le terme « Muselmann » était quant à lui employé dans les camps nazis pour décrire les détenus atteints d’un épuisement extrême et souffrant de graves symptômes de famine. Son origine précise reste incertaine.
Ces prisonniers, juifs ou non juifs, étaient souvent proches de la mort et fréquemment sélectionnés pour être assassinés. Le terme ne constituait donc pas une catégorie raciale utilisée par les nazis pour assimiler les Juifs aux musulmans.
Yad Vashem a dénoncé une « déformation fondamentale » de la signification historique du mot. L’institution israélienne a rappelé que l’expression s’était développée parmi les détenus des camps et qu’elle pouvait désigner aussi bien des prisonniers juifs que non juifs.