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La guerre contre l’Iran pousse les États-Unis à retarder certaines livraisons d’armes à l’Europe
Parmi les équipements particulièrement sollicités figurent notamment les intercepteurs Patriot PAC-3, notamment utilisés par l’Ukraine


Les États-Unis ont informé plusieurs partenaires européens que certaines livraisons d’armements déjà commandées pourraient être reportées, la poursuite de la guerre contre l’Iran pesant désormais sur les stocks militaires américains. Selon plusieurs sources citées sous couvert d’anonymat, des pays d’Europe du Nord et de la région balte figurent parmi les États concernés.
Ces équipements avaient été achetés dans le cadre du programme américain de ventes militaires à l’étranger (Foreign Military Sales), qui permet à des gouvernements alliés d’acquérir du matériel produit aux États-Unis avec l’appui logistique et politique de Washington. Des messages bilatéraux ont récemment été transmis à certaines capitales européennes pour les prévenir de retards probables dans les livraisons prévues.
Cette situation illustre les tensions croissantes sur les capacités industrielles et les réserves stratégiques américaines depuis le début du conflit avec l’Iran, déclenché après les frappes aériennes américano-israéliennes du 28 février. Depuis lors, les États-Unis mobilisent d’importantes quantités de munitions et de systèmes de défense pour soutenir leurs opérations au Moyen-Orient et protéger leurs alliés régionaux.
Les reports annoncés concernent différents types de munitions, utilisables aussi bien dans des missions offensives que défensives. Parmi les équipements particulièrement sollicités figurent notamment les intercepteurs Patriot PAC-3, également utilisés par l’Ukraine pour contrer les missiles balistiques russes visant ses infrastructures énergétiques et militaires.
Avant même cette nouvelle guerre, les stocks américains avaient déjà été fortement entamés par plusieurs années de soutien militaire massif à l’Ukraine depuis l’invasion russe de 2022, ainsi que par l’aide apportée à Israël depuis le début de la guerre à Gaza fin 2023. Artillerie, munitions classiques et missiles antichars figurent parmi les matériels déjà largement puisés dans les arsenaux américains.
Dans plusieurs capitales européennes, ces retards suscitent l’inquiétude, en particulier dans les pays situés à proximité de la Russie, où le rythme des livraisons est considéré comme un enjeu stratégique sensible. Certains responsables européens dénoncent une situation délicate, alors même que Washington a encouragé sous la présidence de Donald Trump les alliés de l’OTAN à acheter davantage d’armements américains.
Face à ces difficultés répétées, plusieurs États européens envisagent désormais plus sérieusement de se tourner vers des systèmes conçus et produits en Europe, afin de réduire leur dépendance vis-à-vis des chaînes d’approvisionnement américaines. Des responsables américains estiment toutefois que les priorités actuelles se situent au Moyen-Orient et reprochent à plusieurs pays européens de ne pas soutenir davantage les efforts visant à rouvrir le détroit d’Ormuz.