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Le prix Nobel de la paix décerné à la juriste sud-africaine Navi Pillay, qui accuse Israël de génocide
Navi Pillay avait accusé les plus hautes autorités israéliennes d'avoir conduit une campagne visant à détruire la population palestinienne de Gaza


Le prix Nobel de la paix 2026 sera attribué ce vendredi à Navi Pillay, juriste sud-africaine de 85 ans et ancienne haute-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme. Elle préside actuellement la commission d'enquête indépendante de l'ONU sur les violations des droits humains dans les territoires palestiniens, qui avait conclu l'an dernier qu'Israël commettait un "génocide" dans la bande de Gaza.
Née en 1941 en Afrique du Sud sous le régime de l'apartheid, Navi Pillay, d'origine indienne, a consacré plusieurs décennies à la défense des droits humains et à la justice internationale. Elle a notamment présidé le Tribunal pénal international pour le Rwanda entre 1999 et 2003, avant de devenir juge à la Cour pénale internationale de La Haye jusqu'en 2008. Elle a ensuite occupé le poste de haute-commissaire de l'ONU aux droits de l'homme de 2008 à 2014.
Pour justifier ce choix, un porte-parole du comité Nobel a salué son engagement constant en faveur des droits fondamentaux. "Pillay est une ardente défenseuse des droits humains et a œuvré sans relâche à leur promotion. Il est important que le prix Nobel récompense ceux qui dénoncent les violations des droits humains", a-t-il déclaré.
Cette distinction intervient un an après la publication d'un rapport particulièrement controversé de la commission d'enquête qu'elle dirige. Dans ce document de 72 pages, les enquêteurs accusaient Israël de commettre un génocide à Gaza, mettant notamment en cause de hauts responsables israéliens, dont le Premier ministre Benjamin Netanyahou.
Le rapport s'appuyait notamment sur l'ampleur des pertes humaines, les restrictions imposées à l'aide humanitaire, les déplacements forcés de population et la destruction d'établissements médicaux spécialisés dans la fertilité. Navi Pillay avait alors accusé les plus hautes autorités israéliennes d'avoir conduit une campagne visant à détruire la population palestinienne de Gaza.
Israël avait catégoriquement rejeté ces conclusions. Oren Marmorstein, alors porte-parole du ministère des Affaires étrangères, avait qualifié les membres de la commission de "relais du Hamas", affirmant que leur rapport reposait sur les mensonges de l'organisation terroriste. La représentation israélienne à Genève avait également dénoncé une démarche politique hostile à Israël.
Bien que créée dans le cadre des Nations unies, cette commission mène ses travaux de manière indépendante et ses conclusions ne constituent pas une position officielle de l'ensemble de l'organisation. Son rapport n'a par ailleurs aucune valeur juridique contraignante.