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Moscou et Pékin opposent leur véto au déblocage du détroit d’Ormuz
Le texte, soutenu par 11 membres sur 15, a finalement été rejeté, avec deux votes contre — Moscou et Pékin — et deux abstentions.


La Russie et la Chine ont opposé leur veto, mardi, à une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU visant à rouvrir le détroit stratégique d’Ormuz, au terme de négociations déjà largement édulcorées pour tenter d’éviter un blocage. Le texte, soutenu par 11 membres sur 15, a finalement été rejeté, avec deux votes contre — Moscou et Pékin — et deux abstentions.
Cette résolution, initialement portée par Bahreïn, avait pour ambition d’assurer la liberté de navigation dans ce passage maritime crucial pour le commerce mondial de l’énergie. Dans sa version initiale, elle autorisait le recours à « tous les moyens nécessaires », une formule onusienne qui inclut l’usage de la force. Mais face à l’opposition de plusieurs membres permanents, dont la Russie, la Chine et la France, le texte avait été progressivement affaibli.
Dans sa version finale, la résolution se limitait à encourager les États à coordonner des efforts « de nature défensive » pour garantir la sécurité de la navigation. Malgré ces concessions, Moscou et Pékin ont maintenu leur opposition, empêchant son adoption.
Ce vote intervient dans un contexte de forte tension, à quelques heures de l’expiration de l’ultimatum fixé par le président américain Donald Trump à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz. Washington menace en effet de frapper des infrastructures iraniennes, notamment des centrales électriques et des ponts, en cas de refus.
Toutefois, même adoptée, la résolution aurait eu un impact limité sur le cours du conflit, désormais entré dans sa cinquième semaine. Les multiples concessions consenties pour tenter de rallier un consensus avaient considérablement réduit sa portée opérationnelle.
Ce veto illustre les profondes divisions au sein du Conseil de sécurité face à la crise iranienne. Il confirme également l’incapacité de l’instance internationale à s’accorder sur une réponse commune, alors que les risques d’escalade militaire dans la région restent élevés.