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Pedro Sánchez accusait Israël, le renseignement espagnol pointe le Maroc dans l'afflux de migrants
Les services espagnols estiment qu'il ne s'agissait pas d'un mouvement spontané, mais d'une opération planifiée et organisée visant à saturer les postes-frontières espagnols


Un rapport de renseignement de la police espagnole affirme que des officiers et membres des forces de sécurité marocaines ont activement accompagné et guidé l'arrivée massive de quelque 72 000 migrants dans l'enclave espagnole de Ceuta, fin juillet. Ces conclusions contredisent les déclarations faites deux jours plus tôt par le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, qui avait écarté toute implication des autorités marocaines et mis notamment en cause Israël et la Russie.
Le rapport de l'unité nationale de lutte contre l'immigration de la police espagnole (CENIF), remis lundi à la justice, s'appuie notamment sur des images recueillies lors des événements. Selon ces éléments, des membres en uniforme des forces marocaines auraient donné aux migrants des instructions précises pour franchir la frontière, tandis que des agents en civil auraient supervisé l'ensemble de l'opération.
Les services espagnols estiment qu'il ne s'agissait pas d'un mouvement spontané, mais d'une opération planifiée et organisée visant à saturer les postes-frontières espagnols, sur fond de tensions politiques et de revendications territoriales marocaines. Le rapport révèle également que les services de renseignement avaient adressé deux avertissements au ministère espagnol de l'Intérieur, deux jours avant l'afflux massif, signalant un risque particulièrement élevé d'incursions par voie terrestre et maritime.
Ces révélations mettent également en difficulté le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, qui avait nié à plusieurs reprises l'existence de tels rapports d'alerte. La ministre de la Défense, Margarita Robles, a en revanche confirmé que le renseignement militaire et le CNI avaient détecté des appels à franchir la frontière et transmis ces informations aux services de sécurité avant le début de la crise.
À la suite de la publication de ces éléments, la police espagnole a transmis le dossier à la justice afin d'étayer une nouvelle enquête pénale sur les événements. Le ministre de l'Intérieur a parallèlement demandé des explications au chef de la police nationale, alors que l'opposition réclame des réponses sur l'écart entre les renseignements disponibles et la position publiquement défendue par le gouvernement.